jeudi 23 juin 2016

Le pape met en garde contre l’instrumentalisation du mot de génocide

Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner, La Corix le 20/06/2016
Visitant le collège universitaire Villa Nazareth à Rome, samedi 18 juin 2016 en fin d’après-midi, le pape François a évoqué le martyre chrétien, confiant qu’il n’aimait pas qu’on parle de ‘génocide’des chrétiens au Moyen-Orient.
Pour le directeur de l’Œuvre d’Orient, Mgr Pascal Gollnisch, le pape veut surtout situer la question « à son juste niveau », qui est aussi spirituelle.
- Répondant aux questions d’étudiants romains samedi 18 juin, le pape a confié qu’il n’aimait pas que l’on parle de « génocide » pour les chrétiens au Moyen-Orient. : « En vérité, il s’agit d’une persécution qui conduit les chrétiens à la fidélité, à la cohérence de leur propre foi. Ne faisons pas de réductionnisme sociologique du mystère de la foi, du martyre », a-t-il dit.  Comment comprenez-vous cette phrase  ?
- Mgr Pascal Gollnisch  : Il s’agit d’abord d’une conversation avec des jeunes et non pas d’une déclaration  ! Je pense surtout que le pape François a voulu souligner que l’utilisation du mot ’génocide’ peut être maladroite. Certains peuvent être tentés de le brandir comme un étendard, en faisant comme si les chrétiens étaient seuls visés.
Si l’on regarde la situation en Irak et en Syrie, il y a bien un génocide de la part de Daech au sens de la convention de 1948  : c’est-à-dire un acte « commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Et ces actes peuvent être des meurtres, une « atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe », ou une « soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle »...
C’est la volonté de détruire et non pas le nombre de morts qui fait le génocide  ! En obligeant les chrétiens de la plaine de Ninive à se convertir ou à partir, l’Etat islamique a bien marqué sa volonté génocidaire.
En revanche, il ne faudrait pas parler de génocide uniquement pour les chrétiens  : les autres ’minorités’ ethniques ou religieuses de cette région sont visées, et notamment les yézidis, les chiites etc.
- Sa réticence ne s’explique-t-elle pas aussi par son refus de généraliser la situation de tous les chrétiens au Moyen-Orient ?
- Mgr Pascal Gollnisch  : Bien entendu. Tous les actes de violence commis en Syrie dans le cadre de la guerre civile ne relèvent pas du génocide  : les meurtres de civils causés par des obus aveugles à Damas sont davantage des crimes de guerre.
L’action de Daech est bien de type génocidaire, mais en Égypte, par exemple, ce serait un non-sens que d’utiliser ce terme.
Sans doute le pape est-il aussi conscient de l’instrumentalisation politique qui peut être faite de ce terme  : certains risquent d’en conclure qu’il faut armer des milices chrétiennes, ce qui n’est pas souhaitable en réalité. Il faut que la Cour pénale internationale fasse son travail d’enquête, sans que l’on passe pour autant du juridique à la stratégie politique.
Comment comprendre son insistance sur l’expérience de foi de ces chrétiens  ?
- Mgr Pascal Gollnisch  : Pas une seconde, le pape ne se résout à ce que des chrétiens se fassent tuer à cause de leur foi. Mais comment se comporter face à ce drame  ? Pour les chrétiens, là-bas, la question est de se battre contre la désespérance  : en ce sens, ils sont confrontés aux exigences de leur foi. Ce drame est aussi une provocation spirituelle.
Quant à nous, il ne souhaite pas que nous en fassions une querelle socio-politique. Comment situer le combat à son juste niveau de notre côté aussi  ? Comme recevons-nous ce témoignage des chrétiens d’Orient ? Ce ne sont pas des milices qui vont aider les chrétiens au Kurdistan mais une véritable espérance.
Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner


Le pape met en garde contre l’instrumentalisation du mot de génocide

Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner, La Corix le 20/06/2016
Visitant le collège universitaire Villa Nazareth à Rome, samedi 18 juin 2016 en fin d’après-midi, le pape François a évoqué le martyre chrétien, confiant qu’il n’aimait pas qu’on parle de ‘génocide’des chrétiens au Moyen-Orient.
Pour le directeur de l’Œuvre d’Orient, Mgr Pascal Gollnisch, le pape veut surtout situer la question « à son juste niveau », qui est aussi spirituelle.
- Répondant aux questions d’étudiants romains samedi 18 juin, le pape a confié qu’il n’aimait pas que l’on parle de « génocide » pour les chrétiens au Moyen-Orient. : « En vérité, il s’agit d’une persécution qui conduit les chrétiens à la fidélité, à la cohérence de leur propre foi. Ne faisons pas de réductionnisme sociologique du mystère de la foi, du martyre », a-t-il dit.  Comment comprenez-vous cette phrase  ?
- Mgr Pascal Gollnisch  : Il s’agit d’abord d’une conversation avec des jeunes et non pas d’une déclaration  ! Je pense surtout que le pape François a voulu souligner que l’utilisation du mot ’génocide’ peut être maladroite. Certains peuvent être tentés de le brandir comme un étendard, en faisant comme si les chrétiens étaient seuls visés.
Si l’on regarde la situation en Irak et en Syrie, il y a bien un génocide de la part de Daech au sens de la convention de 1948  : c’est-à-dire un acte « commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Et ces actes peuvent être des meurtres, une « atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe », ou une « soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle »...
C’est la volonté de détruire et non pas le nombre de morts qui fait le génocide  ! En obligeant les chrétiens de la plaine de Ninive à se convertir ou à partir, l’Etat islamique a bien marqué sa volonté génocidaire.
En revanche, il ne faudrait pas parler de génocide uniquement pour les chrétiens  : les autres ’minorités’ ethniques ou religieuses de cette région sont visées, et notamment les yézidis, les chiites etc.
- Sa réticence ne s’explique-t-elle pas aussi par son refus de généraliser la situation de tous les chrétiens au Moyen-Orient ?
- Mgr Pascal Gollnisch  : Bien entendu. Tous les actes de violence commis en Syrie dans le cadre de la guerre civile ne relèvent pas du génocide  : les meurtres de civils causés par des obus aveugles à Damas sont davantage des crimes de guerre.
L’action de Daech est bien de type génocidaire, mais en Égypte, par exemple, ce serait un non-sens que d’utiliser ce terme.
Sans doute le pape est-il aussi conscient de l’instrumentalisation politique qui peut être faite de ce terme  : certains risquent d’en conclure qu’il faut armer des milices chrétiennes, ce qui n’est pas souhaitable en réalité. Il faut que la Cour pénale internationale fasse son travail d’enquête, sans que l’on passe pour autant du juridique à la stratégie politique.
Comment comprendre son insistance sur l’expérience de foi de ces chrétiens  ?
- Mgr Pascal Gollnisch  : Pas une seconde, le pape ne se résout à ce que des chrétiens se fassent tuer à cause de leur foi. Mais comment se comporter face à ce drame  ? Pour les chrétiens, là-bas, la question est de se battre contre la désespérance  : en ce sens, ils sont confrontés aux exigences de leur foi. Ce drame est aussi une provocation spirituelle.
Quant à nous, il ne souhaite pas que nous en fassions une querelle socio-politique. Comment situer le combat à son juste niveau de notre côté aussi  ? Comme recevons-nous ce témoignage des chrétiens d’Orient ? Ce ne sont pas des milices qui vont aider les chrétiens au Kurdistan mais une véritable espérance.
Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner


jeudi 16 juin 2016


Liberté religieuse, le rapport du Département d’État américain

l'Index Mondial de Persécution des Chrétiens, cette année encore, les chiffres montrent une progression constante des répressions.

L'ONG « Portes Ouvertes » publie l'Index Mondial de Persécution des Chrétiens, cette année encore, les chiffres montrent une progression constante des répressions.
« Portes Ouvertes » s'engage pour les chrétiens persécutés et met en place des actions, même dans les régions les plus inaccessibles. Active dans 60 pays, l'association d'origine protestante a été fondée en 1955 par Frère André, un jeune Néerlandais, après un voyage en Europe de l'Est. Il découvre alors la persécution subie par les chrétiens dans les pays communistes. L'association travaille depuis à fortifier ces communautés fragilisées. Michel Varton, directeur de « Portes Ouvertes » France, définit la persécution comme « toutes formes d'hostilité du monde en raison de l'identification à Jésus-Christ ». Cette année, le constat est significatif, il devient de plus en plus difficile dans un nombre de pays de vivre sa foi chrétienne. La violence meurtrière et exterminatrice a augmenté, avec l'enregistrement de 7100 cas de chrétiens tués en 2015 contre 4344 l'année précédente. Le Nigeria compte à lui seul 4028 morts. Un nombre, presque multiplié par deux par rapport à 2014.
Sur le plan des persécutions, la Corée du Nord arrive en tête de l'Index pour la 14e année consécutive. « Portes Ouvertes » estime qu'au moins 50 000 chrétiens souffrent dans des camps de travaux forcés. En Afrique, la situation est tout autant critique. Seize pays sur les 50 que compte l’index sont situés sur le continent africain. L'Erythrée se range parmi les pires pays en matière de liberté de religion et de liberté de la presse.D'après Michel Varton, 5000 personnes fuient l'Erythrée chaque mois pour éviter le régime totalitaire du président Afeworki. Les chrétiens qui osent protester « sont arrêtés et enfermés dans des conteneurs maritimes en guise de prison. » L'ONG recense trois foyers de persécution dans le monde. Le Moyen-Orient arrive en tête, suivi de l'Afrique et de l'Inde.
La progression de Daech, ou l’extrémisme islamique en général constitue le principal mécanisme de persécution dans 35 des 50 pays de l’index. En Irak, les chrétiens présents depuis 2000 ans, sont aujourd’hui en voie d’extinction. Dans le village de Karamlis, situé au sud-est de Mossoul, une chrétienne assyrienne de 80 ans a été brûlée vive par des extrémistes de l’Etat Islamique. Son tort ? Ne pas s’être conformée à la charia.

Zéro chrétiens en Inde en 2020?

John Dayal, secrétaire général du Conseil des Chrétiens en Inde, s'inquiète de la situation de sa communauté religieuse. Pour la première fois, l'Inde fait partie des 20 premiers pays de l'Index. Depuis l'arrivée de Narendra Modi au pouvoir en mai 2014, les auteurs d'exactions contre les chrétiens bénéficient d'une impunité presque totale. La traque antichrétienne est lancée. Mallick Purna, converti depuis 5 ans, a été accusé à tort de deux décès dans son village, situé dans l’Etat d’Odisha. Il sera tué par la foule en juillet 2015. Ses 5 enfants ont quant à eux été baignés dans de la bouse de vache comme rituel de retour à l'hindouisme. Depuis sa conversion au christianisme, la famille Purna était régulièrement menacee

http://www.parismatch.com/Actu/International/La-situation-se-degrade-pour-les-Chretiens-dans-le-monde-896109
[NUIT AUX INVALIDES] Jean d’Ormesson parraine la Nuit des Invalides pour les chrétiens d’Orient !
« On peut dire que les communautés chrétiennes du Proche-Orient sont génocidées. 
Il y a une volonté de détruire le christianisme dans cette région du monde. 
Nous avons un devoir de solidarité avec ces malheureux chrétiens d'Orient qui doivent avoir le sentiment d'être abandonnés. 
S’il est une cause qui mérite d'être défendue, il me semble que c'est celle-là. »

http://www.soschretiensdorient.fr/?gclid=CIjZpbqyrM0CFUWNGwodnQMHsg

Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2016

Aujourd'hui dans le monde, des millions de chrétiens
sont persécutés dans un déni de leurs
droits les plus fondamentaux. Au travers de l’Index 
Mondial de Persécution des Chrétiens, 
Portes Ouvertes veut être une voix pour ces 
sans-voix.

https://www.portesouvertes.fr/persecution-des-chretiens/

mercredi 15 juin 2016

Fwd: عامان على اقتلاع شعبنا من الموصل وسهل نينوى وجرح التهجير القسري ينزف...



Début du message transféré :

Expéditeur: "ZENIT" <info@zenit.org>
Date: 13 juin 2016 20:08:11 UTC+3
Destinataire: "uciplb@yahoo.fr" <uciplb@yahoo.fr>
Objet: عامان على اقتلاع شعبنا من الموصل وسهل نينوى وجرح التهجير القسري ينزف...
Répondre à: info@zenit.org

لقد مرّ عامان على اقتلاع أبناء شعبنا السرياني من أرض الآباء والأجداد في الموصل وسهل نينوى، بعمل إجرامي شنيع يبلغ درجة الإبادة العرقية والدينية، ارتكبته داعش ومثيلاتها من المنظمات الإرهابية التي تكفّر الإنسان الذي لا يدين بما تدين ولا يسلّم بما تسلّم به.
إنّه العاشر من حزيران عام 2014، يوم تشتُّت أبنائنا هائمين على وجوههم، تاركين الموصل الحدباء، ثمّ تبعه ليل 6-7 آب من العام عينه حيث استمرّت عملية الاقتلاع لأبنائنا في قرى وبلدات سهل نينوى، في قره قوش وبرطلة وبحزاني وبعشيقة وتللسقف والقوش وكرمليس وسواها، متخبّطين خبط عشواء في الليلة الظلماء. فغدوا نازحين مشرّدين في كردستان العراق وفي البلدان المجاورة في لبنان والأردن وتركيا.
أمّا اليوم، وبعد سنتين من هذه النكبة التي حلّت بأبناء شعبنا، فإنّنا نلمس تقاعس الدول صاحبة القرار وخنوع المجتمع الدولي الذي يبقى صامتاً أمام هذا مشهد إبادة شعب عريق وأصيل لا بل مؤسّس لحضارة بلاده المشرقية.
إنّنا أبناء الشهداء الذين دافعوا عن إيمانهم وأرضهم وعرضهم، وذادوا عن حياض أوطانهم، شاهدين لإيمانهم ومبادئهم حتى بذل الدم. فيما نرحّب بتوصيف بعض الدول ما تقوم به المنظّمات الإرهابية على أنّه إبادة للمسيحيين والأقليات العرقية والدينية الأخرى، نستنكر أشدّ الاستنكار عدم قيام أي تحرّك جدّي من المجتمع الدولي ومن الحكومة العراقية في سبيل تسريع الخطى لتحرير الموصل وقرى سهل نينوى من هذه الجماعات الإرهابية التي عاثت وتعيث فيها فساداً. فقد هدمت كنائسنا وأديرتنا، وبالأخصّ دير مار بهنام وأخته سارة حيث تمّ تفجير ضريح القديس، وسلبت أملاك أبناء شعبنا ومقتنياتهم، ناشرة ظلامة الموت والدمار والانحطاط الخلقي.
لقد انفطر قلبانا الأبويّان مراراً حين قمنا بزيارات عديدة معاً وكذلك كلّاً منّا بمفرده، فتفقّدنا أبناءنا النازحين إلى مدن وبلدات كردستان العراق، وتلمّسنا معاناتهم المريرة وافتقادهم لأبسط مقوّمات العيش البشري اللائق من مسكن يأويهم وعمل كريم يعتاشون منه، فضلاً عن الطبابة والتعليم لأولادهم. وهنا، لا بدّ لنا أن نشكر حكومة إقليم كردستان لكلّ الجهود المضنية التي تبذلها في سبيل تقديم ما يمكن من خدمات أساسية لتوفير المعيشة اللائقة لهم في ظلّ هذه الظروف العصيبة. لكنّنا نؤكّد على مطالبتنا الملحّة للإسراع في التحرير وعودة أبنائنا وبناتنا إلى أرضهم وبيوتهم، على أن يحظوا بعيش آمن مستقرّ وبظروف حياتية لائقة تحفظ كرامتهم وتُعيد إليهم ثقتهم بوطنهم وأملهم بمستقبل يرجونه زاهراً فيه.
ومن هنا، نقول لأبنائنا وبناتنا المقتلَعين من بيوتهم ومجتمعاتهم:
إنّنا معكم في كلّ لحظة، نشدّ على أياديكم ونحثّكم على أن تُبقوا جذوة الرجاء متّقدةً بأنّه لا بدّ لليل المحنة أن ينجلي، ليبزغ فجر العودة عمّا قريب. فنحن نثق ملء الثقة بوعد الربّ بأن يبقى في وسط كنيسته فلا تتزعزع أبداً.
لا تفقدوا إيمانكم، بل تشجّعوا وتشدّدوا ثابتين في الربّ يسوع القائل: لا تخافوا… "ثقوا إنّي غلبت العالم" (يو 16: 33).
10 حزيران

mardi 14 juin 2016

Pakistan : une loi qui légalise la persécution des chrétiens

Pakistan : une loi qui légalise la persécution des chrétiens

Pakistan : une loi qui légalise la persécution des chrétiens

La loi du Pakistan sur le blasphème permet à « la persécution contre les chrétiens et les autres minorités d'être indiscriminée », dit à Oasis Juan Carlos Pallardel, jésuite péruvien responsable depuis de longues années du dialogue avec l'Islam et les autres religions à Lahore, au Pendjab où vivent plus de 90 % de chrétiens du pays. « Ceci influence notre vie quotidienne, nous devons bien penser à ce que nous faisons et à ce que nous disons sachant parfaitement que nous sommes à tout moment susceptibles d'être accusées », poursuit-il.

Au Pakistan, la loi sur le blasphème fournit la justification juridique dans le cadre de laquelle est exprimé « un problème plus vaste, essentiellement social ». Il est très fréquent de voir effectivement utiliser les accusations et s'en servir pour résoudre des disputes personnelles ou pour s'accaparer de terrains, précise le jésuite. Et d'ajouter : c'est un problème social d'autant plus que dans la plupart des cas, « les victimes appartiennent aux couches les plus pauvres de la population, contraintes à subir les abus des plus riches. Au Pakistan, les catholiques étant par exemple parmi les plus pauvres sont par la même occasion parmi les plus vulnérables ».

L'augmentation des cas de blasphème
En 1987, alors que le général Zia ul-Haq faisait de l'islamisation du Pakistan une condition incontournable de sa présidence, la loi sur le blasphème, introduite dans le sous-continent indien à l'époque de la domination britannique se durcit pour en arriver à sa forme actuelle qui prévoit la peine capitale pour quiconque aurait offensé le prophète Mahomet, sans possibilité de pardon ou de renonciation à l'action pénale. Les données recueillies par l'Ong Engage Pakistan montrent bien à quel point l'année 1987 a représenté un tournant. À partir de cette année, les cas de blasphème ont augmenté de 17 500 %, passant de sept dans la période 1947-1987 à 1 335 dans la période 1988-2014. Selon l'Ong - qui confirme les propos de Pallardel - les pakistanais ne sont pas devenus blasphèmes du jour au lendemain. Tout simplement, « la loi est mise au service de la persécution et de l'oppression ». Engage Pakistan montre par ailleurs la dimension sectaire des accusations de blasphème : sur un total de 1 335 cas, 633 accusations ont impliqué des musulmans, 494 des ahmadis, 187 des chrétiens et 21 des hindous. Ce qui signifie que les minorités - qui, globalement, ne constituent que 4 % de la population pakistanaise - seraient responsables de plus de 50% des infractions.

La situation se complique si nous tenons compte du fait que « bon nombre des accusations n'arrivent même pas devant un tribunal, les présumés coupables ayant déjà été exécutés sans aucune forme de procès », conclut Pallardel. C'est le cas de Salman Taseer, ancien gouverneur du Pendjab abattu par son garde du corps pour avoir critiqué la loi sur le blasphème ou le cas plus récent de l'activiste Khurram Zaki, assassiné à Karachi. Selon Engage Pakistan dans ce cas comme dans d'autres, 1987 est une année charnière : +2 750 % d'exécutions sommaires depuis la modification de la loi.

La décision de la Cour Suprême
Le gouvernement de Nawaz Sharif, premier ministre depuis le mois de juin 2013, semble être conscient de l'envergure du problème et serait, en train - selon Pallardel - d'entreprendre des actions, même militaires pour lutter contre le fondamentalisme religieux qui exacerbe la religiosité et fomente la rage des masses contre ceux qui sont retenus coupables de blasphème. Un signal important nous est parvenu de la Cour Suprême pakistanaise à l'occasion de la condamnation de Mumtaz Qadri, l'assassin de Salman Taseer, pendu fin février. Commentant le cas, la Cour a établi que mettre en discussion la loi sur le blasphème n'est pas en soi une insulte à l'Islam et donc un acte blasphème punissable de la peine de mort. Une conclusion tout autre que banale, souligne Pallardel, vu que la plupart des barelvis - une des organisations sunnites les plus importantes du pays - soutiennent fermement la loi interdisant le blasphème. Il s'agit, dit le jésuite, d'une conclusion importante car « aujourd'hui, le seul fait de pouvoir en discuter laisse espérer qu'un changement est possible ».

Quel changement
Si, dans la situation politico-sociale actuelle, l'abolition de la loi reste un scénario absolument improbable, il ne manque pas de gens qui s'emploient de leur mieux pour introduire des modifications limitant ses abus, ce qu'avait déjà tenté de faire l'ancien ministre Shahbaz Bhatti qui allait le payer de sa vie. Engage Pakistan est un autre exemple de tentative qui s'efforce de démontrer - partant des sources islamiques - que la loi sur le blasphème n'est pas une loi divine (et peut donc, en tant que telle, être modifiée), qu'elle ne devrait pas prévoir la peine de mort et qu'il devrait être possible de pardonner le crime une fois sûrs du repentir de l'accusé. Une réforme dans cette direction pourrait améliorer la situation des minorités pakistanaises, mais elle serait difficilement capable, à elle seule, de changer le climat qui règne dans le pays, climat qui aboutit aux exécutions sommaires, aux manifestations de soutien de personnes telles que Mumtaz Qadri ou à des attentats suicides comme celui de Lahore, le jour de Pâques, où plus de 70 personnes trouvèrent la mort (pour la plupart des musulmans même si l'objectif déclaré était la communauté chrétienne). C'est pourquoi, insiste Pallardel, il faudrait une réforme du système d'instruction du Pakistan. Il est fréquent que l'État ne réussisse pas à fournir les services minimum indispensables à permettre aux citoyens l'accès à l'école publique ce qui, uni à une situation économique difficile, pousse les parents à envoyer leurs enfants là où l'instruction est gratuite, autrement dit dans les établissements religieux islamiques souvent accusés d'être de véritables incubateurs d'une vision violente et intolérante de l'Islam. Pallardel est confiant. Envers et contre tout. Le gouvernement de Nawaz Sharif essaie d'avancer dans cette direction et propose, entre autres choses, le contrôle des méthodes d'éducation, des systèmes d'évaluation et des affiliations de madrasas. La route vers une réforme dont il est question depuis des décennies se présente toutefois encore très longue.

[@fontana_claudio]


Traduction de l'original italien


JTK

mardi 3 mai 2016

Rapport sur la liberté religieuse internationale (USCIRF)



La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) au sein du Département d’État américain, a publié son rapport annuel 2016. La Birmanie, la Chine, l’Érythrée, l’Iran, la Corée du Nord, l’Arabie saoudite, le Soudan, mais aussi le Turkménistan et l’Ouzbékistan font partie des pays qui répriment le plus les croyants.
« De diverses manières, la liberté religieuse à l’étranger a subi des assauts sérieux et soutenus depuis la publication du dernier rapport annuel de notre commission en 2015. De la situation des prisonniers d’opinion, à l’augmentation spectaculaire du nombre de réfugiés et de personnes déplacées, en passant par la poursuite des actes de fanatisme contre les juifs et les musulmans en Europe ou d’autres violations, les victimes ne manquent pas. »
La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) a publié lundi 2 mai son rapport annuel 2016. Cette 17e édition – depuis la création de la Commission en 1998 – documente les violations de la liberté religieuse dans plus de 30 pays, fait des recommandations spécifiques à chacun, et évalue la mise en œuvre par le gouvernement américain de la loi de 1998 sur la liberté religieuse dans le monde.

Pays particulièrement préoccupants

Cette année, l’USCIRF propose au Département d’État américain de maintenir neuf pays dans la liste noire des pays « particulièrement préoccupants » où la répression est la plus forte : Birmanie, Chine, Érythrée, Iran, Corée du Nord, Arabie saoudite, Soudan, Turkménistan et Ouzbékistan.
Mais cet organe consultatif du gouvernement fédéral américain suggère d’y ajouter huit autres pays : la République centrafricaine, l’Égypte, l’Irak, le Nigeria, le Pakistan, la Syrie, le Tadjikistan et le Vietnam.
Une autre liste de dix pays pratiquant ou tolérant des violations d’un niveau moindre est également proposée, parmi lesquels l’Afghanistan, Cuba, l’Inde, l’Indonésie, la Russie ou la Turquie.
Enfin, le rapport note des violations de la liberté religieuse dans d’autres pays ou grandes régions, dont « la Corne de l’Afrique » et l’« Europe de l’Ouest ». Grâce aux progrès accomplis, Chypre et le Sri Lanka quittent en revanche cette catégorie cette année.

Personnes emprisonnées

Dès l’introduction, le rapport relate une longue liste d’atteintes à la liberté religieuse en Chine (arrestation de pasteurs, campagne de destruction de croix…), en Érythrée « où 1 200 à 3 000 personnes sont emprisonnées pour des motifs religieux », en Corée du Nord « où la liberté religieuse est inexistante », mais aussi en Arabie saoudite qui « interdit tout culte public non-musulman et continue de poursuivre et d’emprisonner des individus pour la dissidence, l’apostasie, le blasphème ou la sorcellerie ».
Outre le « nombre important de personnes emprisonnées sur la base de la religion », l’USCIRF s’alarme aussi de « la crise des réfugiés » et voit la religion comme « un facteur dans les crises humanitaires mondiales ».
Le rapport cite notamment les Rohingyas musulmans « contraints de fuir leurs foyers en Birmanie » mais aussi les Yézidis, chrétiens, musulmans chiites et sunnites musulmans « qui ne souscrivent pas à l’interprétation barbare de l’islam du groupe terroriste Daech » en Irak ou en Syrie.

Haine et violence contre les musulmans et les juifs en Europe

Cet afflux massif de migrants « a alimenté une marée déjà haute de haine et de violence ciblant les musulmans et les juifs, en particulier en Europe occidentale », indique le rapport au terme de cette introduction. Les actes « anti-musulmans » – allant du « harcèlement verbal au vandalisme ou à des agressions violentes » – ont augmenté dans plusieurs pays d’Europe occidentale, s’inquiète l’USCIRF, pointant la responsabilité des « partis xénophobes nationalistes » et les groupes « notamment néonazis ».
Les juifs ont été de plus en plus ciblés eux aussi, par ces groupes « ainsi que par des extrémistes islamistes qui cherchent leurs recrues parmi les membres mécontents des communautés musulmanes » : attentats de Paris de janvier 2015, attaque contre le musée juif à Bruxelles en 2014, contre une synagogue à Copenhague… Des attaques terroristes qui produisent à leur tour « des contrecoups contre les musulmans » eux-mêmes, « accusés collectivement » de cette violence.

Une action continue et efficace

Pour l’USCIRF, toutes ces violations « appellent une action continue de la part de la communauté internationale, y compris des États-Unis ».
« Pour être efficace, une telle action doit reconnaître le fait indéniable que la liberté religieuse est un point commun à chacun de ces défis, et mérite d’être traitée lorsque les nations discutent d’humanitaire, de sécurité ou d’autres questions urgentes », conclut le rapport, qui invite les États-Unis et les autres pays à accorder à ce droit « le respect qu’il mérite ».
Anne-Bénédicte Hoffner

jeudi 28 avril 2016

le pape francois -Les deux sortes de persecutions

Les deux  sortes de persecutions : la persécution sanglante et une grande apostasie, la persécution « idéologique ».
Anita Bourdin  |  12/04/16 Zenit
La persécution, c’est « le pain quotidien de l’Église», sous deux formes, indique le pape François : la persécution sanglante et une grande apostasie, une persécution « idéologique ».
Le pape a commenté la lecture des Actes des apôtres lors de la messe quotidienne célébrée ce mardi 12 avril, en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe du Vatican, rapporte Radio Vatican.
Il existe des persécutions sanglantes – être jeté aux fauves, ou être victime d’une bombe à la sortie de la messe – et des « persécutions en gants blancs, des persécutions culturelles, celles qui te confinent dans un recoin de la société, qui en viennent à te faire perdre ton travail si tu n’adhères pas aux lois qui vont contre Dieu Créateur», a expliqué le pape.
«La persécution, je dirais, c’est le pain quotidien de l’Église. Jésus l’a dit. Nous, quand nous faisons un peu de tourisme à Rome et allons au Colisée, nous pensons que les martyrs étaient ceux qui étaient tués avec les lions. Mais les martyrs n’ont pas été seulement ceux-là. Ce sont des hommes et femmes de tous les jours : aujourd’hui, le jour de Pâques, il y a à peine trois semaines… Ces chrétiens qui fêtaient Pâques au Pakistan ont été martyrisés justement parce qu’ils fêtaient le Christ Ressuscité. Et ainsi l’histoire de l’Église avance avec ses martyrs», a encore expliqué le pape François.
Puis il a ajouté : «Mais, il y a une autre persécution dont on ne parle pas tellement», une persécution «travestie de culture, travestie de modernité, travestie de progrès».
«C’est une persécution, je dirais un peu ironiquement, « éduquée ». C’est quand l’homme est persécuté non pas pour avoir confessé le nom du Christ, mais pour avoir voulu manifesté les valeurs du Fils de Dieu. C’est une persécution contre Dieu le Créateur, dans la personne de ses enfants ! Et ainsi nous voyons tous les jours que les puissances font des lois qui obligent à aller sur cette voie, et une nation qui ne suit pas ces lois modernes, ou au moins qui ne veut pas les avoir dans sa législation, en vient à être accusée, à être persécutée « poliment ». C’est la persécution qui coupe à l’homme la liberté de l’objection de conscience», a fait observer le pape.«Cela, c’est la persécution du monde» qui «coupe la liberté», alors que «Dieu nous fait libres» de donner le témoignage «du Père qui nous a créés, et du Christ qui nous a sauvés». Et cette persécution, a-t-il souligné, «a aussi un chef» : «Le chef de la persécution polie, éduquée, Jésus l’a nommé : « le prince de ce monde ». Et quand les puissances veulent imposer des attitudes, des lois contre la dignité des enfants de Dieu, ils persécutent ceux-ci et vont contre le Dieu Créateur, a répété le Souverain pontife. C’est la grande apostasie. »
« Ainsi la vie des chrétiens avance avec ces deux persécutions, a conclu le pape François. Mais le Seigneur nous a promis de ne pas s’éloigner de nous : « Soyez attentifs, soyez attentifs ! Ne tombez pas dans l’esprit du monde. Soyez attentifs ! Mais allez de l’avant ! Moi, Je serai avec vous”».

jeudi 24 mars 2016



Expéditeur: Fides News Fr <fidesnews-fr@fides.org>
Date: 23 mars 2016 14:09:28 

EUROPE/ITALIE - 24 mars, Journée des Missionnaires martyrs, « femmes et hommes de miséricorde »
Rome (Agence Fides) – Depuis 1993, à l'initiative du Mouvement juvénile missionnaire des Œuvres pontificales missionnaires en Italie, le 24 mars de chaque année est célébrée la Journée de prière et de jeûne en mémoire des Missionnaires martyrs. Le 24 mars 1980 fut assassiné le Bienheureux Oscar Arnulfo Romero, Archevêque de San Salvador, béatifié le 23 mai 2015 et, en cette Journée annuelle de prière et de jeûne, il est fait mémoire de ceux qui, de par le monde, ont versé leur sang pour l'Evangile. Cette année, la Journée coïncide avec le Jeudi Saint, ce qui fait que les communautés pourront la célébrer également à une autre date considérée comme plus opportune. La Journée est désormais célébrée dans différents pays du monde, promue par des Diocèses, des Instituts religieux et des réalités missionnaires.
Dans le cadre du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde que nous vivons actuellement, la Journée 2016 a pour thème « femmes et hommes de miséricorde ». Ainsi que l'écrit le Père Michele Antuoro, Directeur de Missio Italia, « ce sont eux qui ont su vivre la richesse de la mission de Jésus qui résonne dans les mots du Prophète : porter une parole et un geste de consolation aux pauvres, annoncer la libération à ceux qui sont prisonniers des nouveaux esclavages de la société moderne, restituer la vue à ceux qui ne parviennent plus à voir parce que courbés sur eux-mêmes et restituer à ceux qui en ont été privés » (Misericordiae Vultus). Jésus est le Visage de la Miséricorde du Père. En Lui, les visages du Père Andrea Santoro, du Bienheureux Mgr Oscar Romero, du Bienheureux Père Sandro Dordi… et de tant d'autres qui, comme les pièces d'une mosaïque, composent et nous révèlent l'icône d'un Père riche de miséricorde ».
Le matériel préparé pour l'animation de la Journée, téléchargeable à partir du site Internet de Missio Italia, comprend une réflexion théologique sur le thème de la Journée, les profils de quatre missionnaires assassinés, la liste des missionnaires tués en 2015 et un certain nombre d'esquisses de prière pour un Chemin de Croix, une liturgie pénitentielle, la Lectio, une Veillée de prière et une Adoration eucharistique. (SL) (Agence Fides 23/03/2016)

samedi 19 mars 2016

«Notre Église est une Église de martyrs», par Mgr Gallagher



Expéditeur: ZENIT <info@zenit.org>
Date: 17 mars 2016 23:06:04 UTC+2





Constance Roques  |  17/03/16


La persécution, le terrorisme, l'exode des chrétiens, au risque de leur vie, la Syrie, la Libye: autant de situations tragiques, voire désespérées, abordés par Mgr Gallagher qui demande « une action énergique et concertée entre les États afin de sauvegarder les droits de l'homme, le système démocratique tout entier des pays individuels et la sécurité internationale ».
Le Secrétaire du Saint-Siège pour les Relations avec les États est intervenu lors d'une rencontre de Formation missionnaire organisée par le diocèse de Rome, samedi dernier, 12 mars 2016.
La troisième rencontre de formation missionnaire, lancée par le Centre pour la coopération missionnaire entre les Églises du diocèse de Rome, s'est tenue au grand séminaire de Rome, au Latran, sur le thème : « Notre Église est une Église de martyrs » (Pape François).
« Voici donc la position du Saint-Siège, explique Mgr Gallagher : rechercher toujours le bien de la personne et des peuples, protéger la paix et garantir le respect de la dignité de toute personne humaine et de ses droits fondamentaux, et tout ceci pour la dignité et la sauvegarde des êtres humains et non pour une simple raison d'État, ni pour défendre ses propres intérêts partisans. Pour atteindre ces finalités, le Saint-Siège s'emploie par tous ses efforts à promouvoir le dialogue avec tous les interlocuteurs disponibles, invitant les États et les autres entités à coopérer et à chercher à résoudre les conflits par des solutions politiques et diplomatiques, toujours dans le plein respect du droit international. À ceci il faut ajouter l'application du principe de la « responsabilité de protéger », dont la promotion a toujours été l'un des principes fondamentaux de l'activité internationale du Saint-Siège et a toujours fait partie de son message à la communauté des Nations. »
Voici notre traduction de la première partie de l'intervention de Mgr Gallagher.
A.B.
Intervention de Mgr Paul Richard Gallagher (1/2)
Excellence,
Chers prêtres,
Monsieur Visar Zhiti, Chargé d'Affaires a.i. de l'Ambassade d'Albanie auprès du Saint-Siège,
Chers amis,
Permettez-moi, en premier lieu, d'exprimer mes remerciements aux organisateurs de cette rencontre pour l'invitation qui m'a été faite d'y participer, que j'ai acceptée bien volontiers. Le thème « Notre Église est une Église de martyrs », choisi pour cette « session de formation missionnaire », peut certainement être considéré comme un leitmotiv qui accompagne l'Épouse du Christ depuis sa naissance. Jésus-Christ lui-même en a fait une béatitude : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux » (Mt 5,10). En effet, les martyrs représentent la grandeur de l'Église parce qu'ils ont eu le courage d'exprimer de manière totale leur dévouement et leur adhésion au Christ, témoignant au prix de leur vie de la vérité de l'Évangile.
Depuis quelques années, avec une grande inquiétude, nous assistons à un crescendo exponentiel de cas d'intolérance, de discrimination, d'extrémisme, de fondamentalisme, de risques pour les libertés individuelles, surtout en ce qui concerne la liberté religieuse et la liberté d'expression. Ensuite, nous n'oublions pas les attaques et les menaces continuelles du terrorisme de différentes origines. Ces défis, auxquels nous sommes quotidiennement exposés, requièrent une action énergique et concertée entre les États afin de sauvegarder les droits de l'homme, le système démocratique tout entier des pays individuels et la sécurité internationale.
En particulier, il me semble que je peux dire que les extrémismes et les fondamentalismes religieux de différentes provenances sont souvent à l'origine des hostilités contre les chrétiens et contre les fidèles d'autres minorités religieuses, à partir de la montée des groupes armés de souche fondamentaliste, transformés en organisations terroristes, qui compromettent sérieusement la sécurité internationale. Il faut ajouter à cela la promulgation dans certains pays de lois sur le blasphème, qui sont devenues un prétexte facile pour qui entend poursuivre les personnes qui professent un credo religieux différent de celui de la majorité. Il ne faut pas non plus oublier que dans les pays gouvernés par des régimes autoritaires ou totalitaires, on observe de graves limites imposées à la liberté religieuse. En outre, dans d'autres pays, les détenus pour motifs religieux reçoivent des traitements pires que les autres prisonniers[1]. On ne peut pas non plus ignorer le fléau du trafic illicite d'armements, ni la production et la vente d'armes de la part de sujets de droit international, qui rendent possible la prolongation des conflits. Enfin, la déstabilisation continuelle du Moyen-Orient a aggravé les violences contre les minorités religieuses, y compris les chrétiens, les contraignant quotidiennement à abandonner leur maison pour fuir les horreurs de la guerre et les persécutions.
Nous avons devant les yeux les images de nos frères désespérés qui émigrent en risquant même leur vie. L'exode forcé des chrétiens du Moyen-Orient laisse un vide dans les communautés qui risquent ainsi de disparaître. À ce sujet, les données contenues dans le Rapport récemment publié par la fondation « Aide à l'Église en détresse », ainsi que celles du Rapport 2014 sur la liberté religieuse dans le monde, édité par le Département d'État américain, sont frappantes. Dans ces documents, on observe qu'en Irak, de 2003 à aujourd'hui, le nombre des chrétiens a diminué de plus d'un million à moins de 300 000. Dans la seule ville de Mossoul, l'antique Ninive, qui représente une des communautés chrétiennes les plus anciennes, dont l'histoire remonte à plus de 1 700 ans, en une nuit (le 6 août 2014), 150 000 chrétiens ont laissé leur maison et leur village, après que tous leurs biens ont été dérobés. Aujourd'hui, dans cette ville occupée par l'État islamique, il n'y a plus de chrétiens. De même, au Nigeria, Boko Haram a forcé à fuir 100 000 chrétiens dans le seul diocèse de Maiduguri, où ont été détruites 350 églises.
En Syrie, ensuite, outre les horreurs de la guerre qui a déjà fait plus de 260 000 morts, les cas d'hostilité ne se comptent plus. Mais aussi en Libye, la situation des chrétiens est extrêmement dramatique ; en effet, à partir de 2013, la majeure partie des chrétiens ont été obligés d'abandonner le pays à cause de l'aggravation des conditions de sécurité, due à l'extrémisme religieux qui les menace de mort. En somme, nous nous trouvons devant une hémorragie incontrôlable, qui met en danger l'existence même des communautés chrétiennes[2].
C'est pourquoi, la coopération internationale devient plus que jamais urgente et nécessaire pour arrêter ces atrocités, mais aussi pour réaffirmer pleinement le droit à la liberté religieuse et condamner tout type de discrimination et d'intolérance pour des motifs religieux aux quatre coins de la terre, y  compris en Occident, où des formes de discrimination sont assez souvent avérées et apparaissent fréquemment sous l'apparence d'une soi-disant « défense des valeurs démocratiques »[3].
Dans un article paru il y a quelques mois, le président de la République italienne écrivait : « La persécution à caractère religieux n'est jamais isolée, mais elle participe de la violation féroce et systématique des libertés fondamentales de l'homme, dont le droit de professer, de prêcher, et même de changer de croyance religieuse sans devoir subir de discrimination ou carrément de violences, est un élément fondamental[4]. »
Il a déjà été affirmé plusieurs fois, et le Saint-Siège lui-même l'a redit à maintes reprises, que ce ne sont pas seulement les chrétiens qui pâtissent des discriminations, des actes d'intolérance ou des persécutions, mais aussi les autres nombreux groupes religieux, ethniques et culturels. Toutefois, loin de toute forme extrémisée d'appartenance ou d'influence idéologique, il faut aussi admettre qu'aujourd'hui les chrétiens sont le groupe religieux qui souffre le plus et qui compte le nombre le plus élevé de victimes. Sur ce point, le Saint-Père s'est exprimé clairement, déclarant que « les chrétiens sont persécutés. […] Peut-être y a-t-il autant, ou même plus, de martyrs maintenant que dans les premiers temps, parce qu'ils disent la vérité, ils annoncent Jésus-Christ à cette société mondaine, à cette société un peu tranquille qui ne veut pas de problèmes : mais c'est la peine de mort ou la prison pour avoir chez soi l'Évangile, pour avoir enseigné le catéchisme »[5].
Les hostilités contre les minorités religieuses devraient interpeller la conscience de la communauté internationale et sortir de leur torpeur tous ceux qui sont préposés à veiller sur le respect des droits fondamentaux, dont la liberté religieuse et le droit à la vie. En fait, « la compréhension la plus élémentaire de la dignité humaine oblige la communauté internationale, en particulier à travers les normes et les mécanismes du droit international, à faire tout ce qui est possible pour arrêter et prévenir les violences systématiques ultérieures contre les minorités ethniques et religieuses » et pour protéger les populations innocentes[6].
Voici donc la position du Saint-Siège : rechercher toujours le bien de la personne et des peuples, protéger la paix et garantir le respect de la dignité de toute personne humaine et de ses droits fondamentaux, et tout ceci pour la dignité et la sauvegarde des êtres humains et non pour une simple raison d'État, ni pour défendre ses propres intérêts partisans. Pour atteindre ces finalités, le Saint-Siège s'emploie par tous ses efforts à promouvoir le dialogue avec tous les interlocuteurs disponibles, invitant les États et les autres entités à coopérer et à chercher à résoudre les conflits par des solutions politiques et diplomatiques, toujours dans le plein respect du droit international. À ceci il faut ajouter l'application du principe de la « responsabilité de protéger »[7], dont la promotion a toujours été l'un des principes fondamentaux de l'activité internationale du Saint-Siège et a toujours fait partie de son message à la communauté des Nations.
© Traduction de Zenit, Constance Roques
(À suivre)

[1] Cf. Aide à l'Église en détresse, Rapport annuel 2015, in http://www.aiuto-chiesa-che-soffre.ch/relazione.html ; Idem, Persecuted and forgotten? A Report on Christians oppressed for their Faith 2013-2015 (Persécutés et oubliés ? Rapport sur les chrétiens opprimés pour leur foi 2013-2015). Executive Summary; U.S Department of State, International Religious Freedom Report for 2014 (Résumé exécutif ; Département d'État des États-Unis, Rapport international sur la liberté religieuse), in http://www.state.gov/j/drl/rls/irf/religiousfreedom/index.htm#wrapper.
[2] Idem.
[3] Cf. Intervention du Saint-Siège devant la IIIe Commission sur la liberté religieuse à l'occasion de la 64e Session de l'Assemblée générale des Nations unies, New York, 26 octobre 2009 ; Intervention du Saint-Siège à la 23e session ordinaire du Conseil des droits de l'homme sur la violence contre les chrétiens, Genève, 27 mai 2013.
[4] Sergio Mattarella, « Lo sterminio dei cristiani. Come reagire a una tragedia moderna » (L'extermination des chrétiens. Comment réagir à une tragédie moderne, quotidien Il Foglio, 21 novembre 2015.
[5] Pape François, Homélie, Maison Sainte-Marthe, 4 avril 2014.
[6] Pape François, Lettre au Secrétaire général des Nations unies, 9 août 2014.
[7] Le Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise, affirme, au N. 505 que : « Le principe d'humanité, inscrit dans la conscience de chaque personne et de chaque peuple, comporte l'obligation de tenir la population civile à l'écart des effets de la guerre. »




«Notre Église est une Église de martyrs», par Mgr Gallagher (2/2)

Constance Roques  |  17/03/16
Mgr Paul Richard Gallagher
« Toutes les conditions devraient être assurées aux chrétiens, en tant que citoyens d'égale dignité, pour rester sur leur terre d'origine ou pour y retourner (s'ils ont fui contre leur volonté), leur garantissant aussi le plein droit de participer à la vie publique du pays », déclare Mgr Gallagher qui demande « une action énergique et concertée entre les États afin de sauvegarder les droits de l'homme, le système démocratique tout entier des pays individuels et la sécurité internationale ».
Le Secrétaire du Saint-Siège pour les Relations avec les États est intervenu lors d'une rencontre de Formation missionnaire organisée par le diocèse de Rome, samedi dernier, 12 mars 2016.
La troisième rencontre de formation missionnaire, lancée par le Centre pour la coopération missionnaire entre les Églises du diocèse de Rome, s'est tenue au grand séminaire de Rome, au Latran, sur le thème : « Notre Église est une Église de martyrs » (Pape François).
« Je tiens à vous inviter tous à unir vos efforts en vue d'une plus grande coopération et solidarité en faveur des populations touchées par les guerres et pour tous ceux qui subissent toutes sortes d'oppression à cause de leur croyance religieuse. Notre proximité, en plus de notre prière, doit certainement se manifester dans notre générosité à vouloir contribuer à réduire l'urgence humanitaire pour soulager leurs souffrances matérielles et spirituelles », conclut Mgr Gallagher.
Voici notre traduction de la seconde partie de l'intervention de Mgr Gallagher.
A.B.
Intervention de Mgr Paul Richard Gallagher (2/2)
Toutes les conditions devraient être assurées aux chrétiens, en tant que citoyens d'égale dignité, pour rester sur leur terre d'origine ou pour y retourner (s'ils ont fui contre leur volonté), leur garantissant aussi le plein droit de participer à la vie publique du pays. Malheureusement, comme j'ai déjà eu l'occasion de le rappeler dans une de mes précédentes interventions, « le devoir de la communauté internationale de protéger ceux qui sont concernés par des guerres, des violences, des persécutions et des violations systématiques des droits humains – sanctionnées par le droit international – ne trouve pas encore d'application effective et responsable[8] ».
Par conséquent, à maintes occasions, le pape François a dénoncé le silence « complice et honteux de tous » devant les « persécutions atroces, inhumaines et inexplicables encore existantes aujourd'hui dans de nombreuses parties du monde »[9]. En particulier, dans sa lettre envoyée le 6 août dernier à Mgr Maroun Lahham, évêque auxiliaire de Jérusalem des Latins et vicaire patriarcal pour la Jordanie, le Saint-Père a souhaité que « l'opinion publique mondiale [puisse] être quant à elle toujours plus attentive, sensible et compatissante face aux persécutions menées à l'encontre des chrétiens et, plus généralement, des minorités religieuses » ; il a demandé que « la communauté internationale ne demeure pas muette et inerte face à un tel crime inacceptable, qui constitue une dérive préoccupante des droits de l'homme les plus essentiels et empêche la richesse de la coexistence entre les peuples, les cultures et les confessions » [10].
Cela semble un paradoxe mais on dirait que les médias et la communauté internationale se sont rendu compte des atrocités perpétrées à l'encontre des chrétiens surtout après que certaines images choquantes ont circulé en réseau par les terroristes eux-mêmes. Rappelons, par exemple, le martyre des 21 chrétiens coptes en Libye, consommé il y a un an, et le meurtre des 142 étudiants chrétiens sur le campus universitaire de Garissa, au Kenya.
Malheureusement, il faut admettre que, pendant des années, la question de la violence contre les chrétiens n'a pas été prise sérieusement en considération. C'est seulement récemment que certains instances internationales ont commencé à réfléchir et à prendre position sur la question, ainsi que sur celles de l'intolérance et de la discrimination pour des motifs religieux[11].
D'autre part, le fait qu'en Europe, par exemple, la religion soit devenue un « sujet brûlant » n'est pas encourageant ; de même le fait que l'on perçoive une certaine timidité à entreprendre un dialogue réciproque sérieux, avec l'impression qu'il y a une certaine résistance à traiter de questions religieuses. Bien qu'on ne puisse pas parler de persécution, toutefois, sur le vieux continent aussi, il ne faut pas sous-estimer le phénomène assez inquiétant de l'intolérance de caractère religieux [12].
À cet égard, le Saint-Siège a toujours soutenu l'importance du respect de la liberté religieuse, qui doit être encouragée et non limitée. En effet, sur la base de cette liberté, comprise comme droit fondamental, des espaces de dialogue plus larges peuvent être créés, par exemple en impliquant diverses composantes religieuses et sociales : ceci favorise les conditions nécessaires pour construire des sociétés plus inclusives et stables. Il faut aussi rappeler que la religion fait partie de l'identité d'un pays, par conséquent l'État doit se préoccuper de maintenir et de respecter cette identité, en évitant qu'elle soit instrumentalisée à des fins politiques (avec le risque, par exemple, que cela donne naissance à des phénomènes ou des mouvements nationalistes radicaux basés sur l'identification confessionnelle). On en déduit que la religion peut jouer un rôle important pour améliorer la société, mais aussi pour la faire empirer, en donnant lieu à des phénomènes d'extrémisme et de radicalisme.
Les radicalismes et les fondamentalismes peuvent s'extirper si l'on intervient sur les racines qui les ont générés (facteurs religieux, politiques, économiques, culturels, militaires), parmi lesquelles il ne faut pas sous-évaluer les inquiétudes sociales. « L'extrémisme et le fondamentalisme trouvent », en effet, « un terrain fertile non seulement dans une instrumentalisation de la religion à des fins de pouvoir, mais aussi dans le vide d'idéaux et dans la perte d'identité – aussi religieuse – qui connote dramatiquement ce qu'on appelle l'Occident.[13] »
En outre, au niveau de la dimension religieuse, il est important de combattre l'ignorance, en confrontant aussi les différentes interprétations avec celle, authentique, de la foi que l'on professe, afin d'éviter des dérives extrémistes qui, « avant même de rejeter les êtres humains en perpétrant des massacres horribles, refuse[nt] Dieu lui-même, le reléguant au rang de pur prétexte idéologique »[14].  À ce sujet, le Saint-Père a redit que « seule une forme idéologique et déviée de la religion peut penser rendre justice au nom du Tout-Puissant, en massacrant délibérément des personnes sans défense »[15]. Dernier point, mais non le moindre, il faut rappeler que le mal-être social, l'injustice, l'inégalité sociale et, en particulier, la pauvreté constituent le berceau idéal où peuvent naître et s'enraciner les visions et les pratiques fondamentalistes.
En conclusion, il me semble tout à fait approprié de signaler que, outre les activités diplomatiques mentionnées auprès des institutions internationales et régionales, le Saint-Siège est fortement engagée dans la promotion, à différents niveaux, du dialogue interreligieux à travers le Conseil pontifical correspondant, dont la tâche principale est de : favoriser la compréhension mutuelle, le respect et la collaboration entre les catholiques et les adeptes d'autres traditions religieuses ; encourager l'étude des religions ; promouvoir la formation de personnes dédiées au dialogue. « Le dialogue, comme nous le savons, est un service nécessaire à l'humanité : ce n'est plus un choix. S'il est bien mené, avec amour et vérité, il est synonyme de compréhension réciproque, de respect, de paix et d'harmonie entre les différentes composantes d'une société, qu'elles soient ethniques, religieuses, culturelles ou politiques » [16].
A côté de cet instrument important, il ne faut pas oublier, enfin, la présence des œuvres et des nombreuses activités menées par les diverses institutions et les organismes de l'Église catholique à travers le monde, spécialement dans le domaine de l'éducation et de la santé, dont nous bénéficions tous, sans aucune distinction et dans le plein respect des diversités de chacun. C'est précisément la première forme de μαρτυρία [témoignage, puis martyre, ndlr] chrétien, qui jaillit de l'imitation du Seigneur Jésus dans la vie quotidienne, à travers le témoignage silencieux et simple de l'amour du prochain. Les quatre Missionnaires de la Charité tuées au Yémen nous en ont donné un témoignage tangible et dramatique « usque ad sanguinis effusionem » [jusqu'à l'effusion de leur sang, ndlr].
Chers amis,
Notre rencontre de ce jour se rapporte à la formation missionnaire, dans le contexte où nous vivons : on se demande alors quels instruments nous avons pour pouvoir faire face à ces situations. En tant que missionnaires, comment pouvons-nous continuer d'être des témoins fidèles de l'annonce chrétienne et en même temps vivre avec les fidèles d'autres confessions ?
Il me semble opportun de citer encore une fois à ce sujet le pape qui, avec une clarté tournée vers l'avenir, nous indique la voie maîtresse en nous invitant à ne « jamais renoncer à faire le bien, même quand c'est difficile et quand on subit des actes d'intolérance, ou même de vraie persécution »[17]. Et le Saint-Père nous redit encore que « dans un monde où diverses formes de tyrannie moderne tentent de supprimer la liberté religieuse, ou bien tentent de la réduire à une sous-culture sans droit de cité dans la sphère publique, ou encore tentent d'utiliser la religion comme prétexte à la haine et à la brutalité, il est impérieux que les adeptes des diverses traditions religieuses unissent leurs voix pour appeler à la paix, à la tolérance, au respect de la dignité et à tous les droits des autres »[18].
Pour conclure, je tiens à vous inviter tous à unir vos efforts en vue d'une plus grande coopération et solidarité en faveur des populations touchées par les guerres et pour tous ceux qui subissent toutes sortes d'oppression à cause de leur croyance religieuse. Notre proximité, en plus de notre prière, doit certainement se manifester dans notre générosité à vouloir contribuer à réduire l'urgence humanitaire pour soulager leurs souffrances matérielles et spirituelles.
Merci de votre attention.
© Traduction de Zenit, Constance Roques

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[8] Cf. Intervention à la Conférence internationale sur le thème « Responsabilité de protéger à la lumière de la morale et du droit », organisée par le Conseil pontifical Justice et Paix, par la Congrégation des évêques et par le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, 28 octobre 2015. Cf. aussi mon intervention à l'ONU, au sein du Débat général : « Soixante-dixième anniversaire des Nations unies : Cap sur la paix, la sécurité et les droits de l'homme », 12 octobre 2014. [9] Pape François, Homélie en la Solennité des saints Pierre et Paul, 29 juin 2015. [10] Idem, Lettre à l'évêque auxiliaire de Jérusalem des Latins, vicaire patriarcal pour la Jordanie, sur la situation des réfugiés, 6 août 2015. [11] Cf. par ex. : Parlement européen, Résolution 2016/2529(RSP) sur l'extermination systématique des minorités religieuses par Isis, 4 février 2016 ; idem, Résolution sur les graves épisodes qui mettent en danger l'existence des communautés chrétiennes et d'autres communautés religieuses, 16 novembre 2007 ; Assemblée Parlementaire du Conseil d'Europe, Résolution 2036 (2015) sur « Combattre l'intolérance et la discrimination en Europe, en particulier à l'égard des chrétiens », Strasbourg, 29 janvier 2014 ; Déclaration du Conseiller particulier du Secrétaire général des Nations unies pour la prévention du génocide, M. Adama Dieng, et du Conseiller particulier du Secrétaire général des Nations unies sur la responsabilité de protéger, Mme Jennifer Welsh, au sujet de l'escalade de l'incitation à la violence en Syrie, pour des motifs religieux, New York, 13 octobre 2015. [12] À ce sujet, cf. Observatoire sur l'intolérance et la discrimination à l'encontre des chrétiens, Rapport sur l'année 2014, en anglais, in http://www.intoleranceagainstchristians.eu/fileadmin/user_upload/reports/Report_2014_Release_May_4th_2015.pdf ;
OSCE/ODIHR, 2014, Données sur les crimes haineux, in http://hatecrime.osce.org/taxonomy/term/231 ;
voir aussi mon intervention sur « Chrétiens en Europe – Différemment différents », donnée pendant la Conférence annuelle de l'Académie internationale pour le développement œcuménique et social intitulée : « Liberté religieuse, sécurité et développement en Europe », Rome, Palazzo Giustiniani, 3 octobre 2015.
[13] Pape François, Discours au Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, 11 janvier 2016. [14] Idem, Discours au Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, 12 janvier 2015. [15] Idem, Discours au Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, 11 janvier 2016. [16] Cardinal Jean-Louis Tauran, Intervention à la VIe Conférence de Doha sur le dialogue interreligieux, Doha, 13 mai 2008. [17] Pape François, Discours au Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, 13 janvier 2014. [18] Idem, Discours à la Rencontre pour la liberté religieuse avec la communauté hispanique et d'autres immigrés, Philadelphia, 26 septembre 2015.