jeudi 23 juin 2016

livre Les droits de l'homme contre le peuple,

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - À l'occasion de la sortie de son livre Les droits de l'homme contre le peuple, Jean-Louis Harouel a répondu au FigaroVox. Il dénonce une nouvelle religion séculière centrée sur l'obsession de la non-discrimination qui paralyse la politique des pays occidentaux.

Jean-Louis Harouel est professeur agrégé de droit à Paris II et auteur de «La grande falsification. L'art contemporain», «Le vrai génie du christianisme» et «Revenir à la nation» (Editions Jean-Cyrille Godefroy). Son dernier ouvrageLes droits de l'homme contre le peuple est paru aux éditions desclée de Brouwer.

FIGAROVOX. - Après le massacre d'Orlando, les commentaires et les mises en accusation se sont succédé. On s'est focalisé sur l'aspect homophobe du crime, on a pointé du doigt les mouvements conservateurs et les religions monothéistes. L'islamisme est passé au second plan. Les démocraties occidentales sont-elles de nouveau tombées dans le piège de ce que vous appelez «la religion des droits l'homme»?
Jean-Louis HAROUEL. - Autant il est aisé de condamner au nom de l'Évangile les violences provoquées ou cautionnées par la religion chrétienne, autant il n'est guère possible de condamner la violence musulmane au nom des textes saints de l'islam, dès lors que l'invitation à la violence y est expressément et abondamment inscrite. Concernant l'homosexualité masculine - la seule ayant été prise en compte -, les sociétés chrétiennes l'ont certes longtemps réprouvée et punie sévèrement au motif que la Bible (Genèse, 19) rapporte que Yahvé a lancé le feu du ciel sur Sodome et Gomorrhe. Mais, déjà dans la France de Louis XV, ainsi que l'a constaté l'historien Maurice Lever dans son livreLes bûchers de Sodome (1985) où il notait l'absence des bûchers à cette époque, la royauté de droit divin faisait preuve d'une grande modération. Au contraire, les textes saints de l'islam sont féroces. Il y a en particulier un hadith terrible du Prophète qui invite les croyants à tuer les homosexuels: «L'envoyé d'Allah - Bénédiction d'Allah et Salut sur Lui - a dit: Qui que vous trouviez qui agit à la manière des gens de Loth, tuez l'actif et le passif». Ce texte figure dans la Sunna (rassemblant les actes, dires et approbations de Mahomet: les hadiths) dont la réunion avec le Coran constitue la Charia. Or celle-ci est le guide de ceux qui veulent revenir au respect de la loi divine. Le lien avec le massacre d'Orlando est plus qu'évident.
C'est un déni de réalité que de mettre systématiquement sur le même plan les religions monothéistes afin de ne pas avoir à prononcer de critique envers l'islam. Ce déni de réalité est pratiqué par les démocraties occidentales au nom d'un «politiquement correct» qui n'est qu'un aspect d'une religion séculière que l'on peut appeler religion des droits de l'homme.
Dans la seconde moitié du XXe siècle, cette religion a très largement occupé le vide creusé en Europe occidentale à la fois par l'effondrement de la pratique religieuse chrétienne et par l'implosion du communisme soviétique.
Avatar de la religion de l'humanité, le culte des droits de l'homme a remplacé depuis quelques décennies le communisme - dont il partage la nature de religion séculière - dans son rôle d'utopie censée instaurer le règne du bien sur la terre. Dans cette nouvelle religion séculière, les droits de l'homme sont en charge de la promesse du royaume de Dieu sur la terre, en charge du projet d'une humanité réconciliée grâce à l'instauration d'une société parfaite, au moyen de la mutation du monde ancien en un monde nouveau entièrement cosmopolite et fondé exclusivement sur les droits des individus.
À la suite de François Furet, l'historien américain Samuel Moyn a confirmé en 2010 dans The last Utopia que l'hégémonie de l'idéologie des droits de l'homme depuis les dernières décennies du XXe siècle s'est édifiée sur les ruines des idéologies révolutionnaires. C'est de l'implosion des utopies antérieures qu'est née la «dernière utopie» que sont les droits de l'homme comme norme suprême censée faire advenir un monde meilleur.
En quoi les islamistes se servent-ils des droits de l'homme pour accroître leur influence?
Dans la mesure où ils favorisent le succès des revendications musulmanes, les droits de l'homme contribuent à la montée en puissance de l'islam en France et dans les autres pays occidentaux. Lorsque, au nom du principe de non-discrimination, des droits individuels sont reconnus (par la loi, le juge ou l'administration) à des membres d'un groupe identitaire au titre de leur appartenance à ce groupe, ces droits deviennent des droits du groupe, et donc des droits collectifs. La sacralisation des droits individuels par la religion séculière des droits de l'homme aboutit finalement à la mise en place de droits identitaires, ce dont l'islam a su tirer un grand profit.
L'islam ne manque jamais d'utiliser l'arme des droits de l'homme pour contraindre les pays européens à adopter un profil bas face à la population musulmane qui y vit. Sous couvert de non-discrimination et de respect de la liberté religieuse, c'est une civilisation antagoniste de la civilisation européenne qui poursuit son entreprise de conquête et de domination.
En Europe occidentale, l'islam a profité à plein des droits de l'homme. C'est sur eux que se fondent les revendications vestimentaires, alimentaires et autres des musulmans, lesquelles relèvent en réalité d'une prise de pouvoir de nature politique, d'une appropriation de territoires, d'une domination de secteurs de la société. L'islam combinant en lui le politique, le juridique et le religieux, toute concession faite à l'islam comme religion est aussi une concession faite à l'islam politique et juridique, avec pour effet de transformer peu à peu les pays européens concernés en terres musulmanes.
Selon vous, les droits de l'homme sont mis au service d'une «immigration colonisatrice». Beaucoup d'immigrés viennent en Europe et en France pour mieux vivre ou par attrait pour le modèle occidental et non pour nous coloniser ….
Je suis bien d'accord avec vous: beaucoup d'immigrants s'introduisent et s'incrustent en Europe occidentale simplement pour des raisons d'intérêt personnel, pour jouir d'un niveau de vie et de conditions d'existence infiniment meilleurs que dans leur pays. Ils n'ont pas d'arrière-pensées colonisatrices ou conquérantes. Mais les Wisigoths, les Burgondes et les Francs jadis autorisés par le pouvoir impérial à trouver refuge et à s'installer sur le territoire de l'Empire romain d'Occident n'avaient pas non plus d'intentions conquérantes. Simplement, deux générations plus tard, ils avaient pris le pouvoir et s'étaient taillé des royaumes sur le territoire de l'Empire anéanti. L'histoire montre par de nombreux exemples qu'une immigration numériquement minoritaire mais vigoureuse peut s'emparer durablement du pouvoir et dominer la population autochtone.
Aussi bien certaines personnalités musulmanes ne cachent-elles pas leurs intentions conquérantes en Europe. Tel le cheikh Youssouf al Quaradawi, l'un des principaux de l'UOIE (Union des organisations islamiques européennes, dont la branche française est l'UOIF), qui déclarait en 2002: «Avec vos lois démocratiques nous vous coloniserons. Avec nos lois coraniques nous vous dominerons.»
Que faites-vous des réfugiés?
On ne peut pas ne pas secourir les réfugiés. Pour autant, nous n'avons pas les moyens de les accueillir sur la base des niveaux de vie et modes de vie occidentaux. Ils ne peuvent raisonnablement attendre de nous que des conditions de logement ainsi que des prestations sociales et médicales minimales. De plus, il ne faut pas leur laisser penser qu'ils vont s'installer durablement chez nous. Il faut leur faire savoir que, dès que la situation sera rétablie dans leur pays, ils seront invités à y repartir. D'ailleurs, autant l'accueil s'impose moralement pour les enfants, les mères et les vieillards, autant la place normale des hommes jeunes et adultes n'est pas ici mais dans leur pays, sur le sort duquel ils semblent avoir bien vite tiré un trait. Dans bien des cas, la qualité même réelle de réfugié dissimule plus ou moins une immigration motivée par la recherche d'une vie plus facile, c'est-à-dire une immigration économique.
Or, étant donné l'énorme accroissement démographique au sud de la Méditerranée, l'Europe doit s'attendre à voir prochainement déferler une immigration économique d'une ampleur encore jamais vue, se comptant en dizaines de millions d'individus s'invitant dans nos pays dans l'espoir d'y améliorer leurs conditions de vie. Mais l'Europe occidentale sera incapable d'absorber une telle masse d'immigrés. Elle périra à moins que les immigrants économiques ne soient systématiquement reconduits dans leur pays. Cependant, pour que les États concernés acceptent de favoriser la reconduite de leurs ressortissants, il est évident qu'il sera indispensable de rétribuer leur bonne volonté par une énorme augmentation de l'aide au développement. Spécialiste reconnu des questions de développement, Claude Sicard, dans un article de la Revue politique et parlementaire (n° 1076, décembre 2015), préconise la création par les pays européens d'une taxe de 50% sur les dépenses publicitaires, destinée à financer le retour le retour dans leurs pays respectifs des immigrants économiques reconduits chez eux.
En quoi les droits de l'homme nous condamnent-ils à l'impuissance collective?
Pour mettre fin à l'appel d'air permanent qui attire par millions les immigrants d'origine extra-européenne, il faut restaurer la discrimination fondatrice de l'idée de cité: celle qui traite différemment le citoyen et le non-citoyen, le national et l'étranger. Il faudrait idéalement qu'il n'y ait plus d'intérêt matériel à s'incruster illégalement sur le sol français. Or cela va à l'encontre de la religion séculière des droits de l'homme.
Dès l'aube des années 1980, Marcel Gauchet avait bien vu que, si les démocraties européennes faisaient des droits de l'homme leur politique, elles se condamneraient à l'impuissance collective. La religion des droits de l'homme handicape très dangereusement la France face au déferlement de l'immigration et à la présence sur son sol d'un islam de masse. Instaurant une morale d'État vertueusement suicidaire, la religion des droits de l'homme interdit à nos dirigeants d'envisager ces problèmes et d'y répondre d'un point de vue politique.
La religion des droits de l'homme est la négation des droits collectifs des nations européennes. Elle refuse à la collectivité nationale le droit de vivre comme elle le souhaite. La souveraineté démocratique consiste dans la propriété d'un groupe humain sur lui-même, son destin, son identité, son sol, son patrimoine matériel et immatériel. Refusant cette souveraineté, la religion des droits de l'homme détruit l'idée de patrimoine d'un groupe humain, elle prétend le contraindre à le partager, le mettre en commun. Bref, c'est une nouvelle forme de communisme.
Pour combattre la menace islamiste, faut-il renoncer à ce que nous sommes, nous trahir? Les droits de l'homme ne font-ils pas partie des fondamentaux de l'Occident au même titre que les racines chrétiennes?
La religion séculière des droits de l'homme n'est pas, malgré les apparences, d'origine chrétienne, car elle découle de deux grandes hérésies: la gnose et le millénarisme. Les droits de l'homme comme religion ne sont pas un prolongement du christianisme: c'est un système de croyances post-chrétien.
La religion (ou utopie) des droits de l'homme qui règne aujourd'hui ne relève pas des «fondamentaux de l'Occident» au même titre que ses racines chrétiennes. Inspirée par une compassion cosmique indifférente aux États et aux nations, sa conception des droits individuels est profondément différente de la conception classique, celle des déclarations américaines et française de la fin du XVIIIe siècles, lesquelles ont établi avant tout les libertés publiques des citoyens au sein des États-nations démocratiques. D'ailleurs, ces deux réalités très différentes sont désignées dans la langue anglaise par des appellations distinctes: pour les droits de l'homme actuels, human rights, terme apparu seulement au milieu du XXe siècle ; tandis que, pour les droits individuels reconnus aux citoyens en 1776 et 1789, on parlait de rights of man. À cela répond en France la distinction entre d'une part les «libertés publiques», centrées sur les seuls nationaux, et d'autre part les «droits fondamentaux» - terme introduit dans les années 1970 - dont les grands bénéficiaires sont les étrangers, systématiquement admis à tous les acquis et avantages des peuples européens
La fidélité aux «fondamentaux de l'Occident» passe par le rejet du délire anti-discriminatoire suicidaire de la religion séculière des droits de l'homme et le retour aux droits de l'homme conçus comme protecteurs des citoyens contre le pouvoir, c'est-à-dire aux libertés publiques - centrées sur les seuls nationaux - qui sont notre patrimoine juridique.
Pour «résister» aux droits de l'homme, vous allez jusqu'à prôner des mesures dérogatoires ou discriminatoires. Le risque n'est-il pas tout simplement de renoncer à la démocratie pour aller vers des régimes autoritaires, voire totalitaires?
Nous sommes confrontés à deux impératifs vitaux: bloquer d'urgence les flux migratoires et arrêter le processus de la conquête musulmane. Pour cela, il nous faut résister à la religion séculière des droits de l'homme qui favorise notre submersion par une immigration extra européenne sans limite et la domination d'une civilisation musulmane conquérante qui veut imposer ses mœurs et son droit. Pour tenter de survivre comme peuple, nous n'avons pas le choix: nous sommes dans l'obligation de rétablir ou de créer des discriminations, lesquelles ne contredisent d'ailleurs nullement la démocratie, bien au contraire.
Les fanatiques d'une immigration érigée en droit de l'homme prétendent mener en faveur des étrangers entrés clandestinement un combat citoyen. C'est une imposture: leur combat est un combat contre la cité et la citoyenneté, un combat anti-citoyen et anti-démocratique.
La démocratie repose sur l'idée de discrimination. En son article 3, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 énonce que «le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation». Il n'y a pas de démocratie possible en l'absence d'un cadre territorial et humain bien précis. Ainsi que l'écrit Rousseau au début de l'Émile, «où il n'y a pas de patrie, il ne peut plus y avoir de citoyens». Patrie, démocratie: dans les deux cas, il s'agit du peuple, d'un peuple particulier. L'existence d'une démocratie suppose une discrimination entre citoyens et non-citoyens, entre nationaux et étrangers.
Quant à une discrimination à l'égard de l'islam, elle n'est pas davantage contraire à la démocratie. D'ailleurs, c'est la démocratie la plus ancienne et la plus exemplaire du monde, la démocratie helvétique, qui nous en donne l'exemple et nous montre la voie. En interdisant la construction de minarets, le peuple suisse n'a aucunement restreint la liberté religieuse, il a instauré une discrimination d'ordre symbolique destinée à faire comprendre aux musulmans vivant dans le pays que la Suisse n'était pas une terre d'islam, que la civilisation arabo-musulmane n'y était pas chez elle et ne devait pas chercher à y imposer ses mœurs et ses règles de droit prétendument divines. Dans le même esprit, il est vital d'adopter en France et dans les autres pays européens des mesures discriminatoires l'égard de l'islam. C'est une discrimination amplement justifiée par le fait que l'islam est avant tout un système politique et juridique, qui fonctionne en France et dans les autres pays européens comme une machine de guerre dirigée contre la civilisation européenne dans le but de lui substituer la civilisation arabo-musulmane.
De toute manière, si nous laissons se poursuivre la conquête musulmane, nous sortirons purement et simplement des droits de l'homme, car les textes fondateurs de l'islam sont porteurs d'un système structurellement ultra-discriminatoire (à l'encontre des non-musulmans, des femmes, des esclaves) et négateur de la liberté d'expression. La Déclaration sur les droits de l'homme en islam de 1990 interdit d'exprimer toute opinion «en contradiction avec les principes de la Charia».

La doctrine de Daech evolue

La Crois Hugo Cailloux, le 21/06/2016
Pour Hasni Abidi, politologue suisse et algérien spécialiste du monde arabe (1), le revers subi lundi 20 juin par l’armée syrienne n’est qu’un « épisode d’un conflit en évolution constante ».
La contre-offensive, lundi 20 juin, de Daech contre les forces pro régime de Bachar Al Assad aurait fait plus de 40 morts du côté de l’armée syrienne, et 21 tués chez les djihadistes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
La ville de Tabqa, au sud ouest de Rakka, constitue un objectif stratégique pour les forces de Bachar Al Assad. Située à une cinquantaine de kilomètres de la capitale de facto de Daech en Syrie, sa reprise aurait permis de couper par l’ouest la route d’approvisionnement des djihadistes.
Pour le politologue Hasni Abidi, spécialiste du monde arabe, ce revers s’explique par la stratégie de Daech. « En termes de superficie, Daech perd du terrain. Mais ce recul est selon moi symbolique. La doctrine de l’État Islamique a évolué. Aujourd’hui, ils se permettent de perdre des territoires car ils veulent se concentrer sur l’essentiel : protéger Rakka, en Syrie, et Mossoul, en Irak », leurs deux grands bastions, explique-t-il.

« Daech a exécuté des habitants »

Plus à l’ouest de la Syrie, Daech a mené ce lundi 20 juin une contre-offensive pour desserrer l’étau autour de son fief de Minbej, assiégé par l’alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS).
Daech « essaie de défendre Minbej en envoyant des combattants de l’extérieur de la ville attaquer les FDS dans ces villages », selon Rami Abdel Ramane, le directeur de l’OSDH. Sans pouvoir fournir de bilan, il a ajouté que « Daech a exécuté des habitants ».

La Russie montre son leadership sur la question syrienne

À proximité de la frontière entre la Syrie et l’Irak, c’est sur un autre échiquier que le conflit syrien a subi des évolutions ces derniers jours. Dès jeudi 16 juin, l’avion russe a en effet bombardé des positions de combattants soutenus par la coalition internationale menée par les États-Unis, suscitant l’émotion du Pentagone.
Au-delà des raisons et des conséquences de cet accident, c’est la question de la place des Etats-Unis dans le conflit qui est posée. Pour Hasni Abidi, les Américains brillent plutôt par leur désengagement dans le conflit. « La Russie est seule sur ce dossier. Les États-Unis sous-traitent depuis plusieurs années la question syrienne aux Russes. L’administration américaine, sur le départ, ne s’intéresse que très peu à la Syrie », explique-t-il.

Les diplomates américains ne cachent plus leur lassitude

Un désintérêt que n’apprécient guère les diplomates américains. Dans un mémo très critique rendu public lundi 20 juin, 51 diplomates américains ont ouvertement appelé le président Barack Obama à intervenir en Syrie. Ils souhaitent que les États-Unis interviennent militairement contre Bachar Al Assad : une solution que le président Barack Obama refuse d’envisager depuis 2013.
Le département d’État a déclaré ne pas vouloir sanctionner les diplomates mécontents, et le secrétaire d’État John Kerry les a même soutenus en jugeant le mémo « très bon ». Pour Hasni Abidi, la publication du mémo s’explique par« la lassitude, la déception et l’impatience des diplomates américains concernant la situation en Syrie ».
Pour le chercheur, « les Américains font face à une perte de crédibilité dans le monde arabe. Ces mémos témoignent aussi des divergences entre les différentes composantes de l’administration américaine. Là-dedans, John Kerry, le secrétaire d’État américain, est marginalisé », ajoute-t-il.

Hillary Clinton favorable à une intervention américaine

Mais un changement de doctrine du président Obama sur le conflit syrien avant la fin de son mandat, en janvier 2017, est « hautement improbable », selon Hasni Abidi.
La situation humanitaire en Syrie, toujours très critique, pourrait voir une issue après les prochaines élections présidentielles américaines. Hasni Abidi rappelle que Hillary Clinton, candidate du parti démocrate à la Maison-Blanche, avait dit « à demi-mot, lorsqu’elle était secrétaire d’État, qu’elle voulait intervenir militairement contre Bachar Al Assad ». Une position à rebours de celle du président actuel. « Quant à Donald Trump, le candidat républicain, je doute à cette heure de sa volonté et de sa capacité à intervenir », ajoute le professeur.
Hugo Cailloux
(1) Directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM) à Genève

http://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/En-Syrie-la-doctrine-de-Daech-evolue-2016-06-21-1200770399?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20160621&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=&PMID=197ec60227781c490e5f147c1975ad4f

Le pape met en garde contre l’instrumentalisation du mot de génocide

Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner, La Corix le 20/06/2016
Visitant le collège universitaire Villa Nazareth à Rome, samedi 18 juin 2016 en fin d’après-midi, le pape François a évoqué le martyre chrétien, confiant qu’il n’aimait pas qu’on parle de ‘génocide’des chrétiens au Moyen-Orient.
Pour le directeur de l’Œuvre d’Orient, Mgr Pascal Gollnisch, le pape veut surtout situer la question « à son juste niveau », qui est aussi spirituelle.
- Répondant aux questions d’étudiants romains samedi 18 juin, le pape a confié qu’il n’aimait pas que l’on parle de « génocide » pour les chrétiens au Moyen-Orient. : « En vérité, il s’agit d’une persécution qui conduit les chrétiens à la fidélité, à la cohérence de leur propre foi. Ne faisons pas de réductionnisme sociologique du mystère de la foi, du martyre », a-t-il dit.  Comment comprenez-vous cette phrase  ?
- Mgr Pascal Gollnisch  : Il s’agit d’abord d’une conversation avec des jeunes et non pas d’une déclaration  ! Je pense surtout que le pape François a voulu souligner que l’utilisation du mot ’génocide’ peut être maladroite. Certains peuvent être tentés de le brandir comme un étendard, en faisant comme si les chrétiens étaient seuls visés.
Si l’on regarde la situation en Irak et en Syrie, il y a bien un génocide de la part de Daech au sens de la convention de 1948  : c’est-à-dire un acte « commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Et ces actes peuvent être des meurtres, une « atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe », ou une « soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle »...
C’est la volonté de détruire et non pas le nombre de morts qui fait le génocide  ! En obligeant les chrétiens de la plaine de Ninive à se convertir ou à partir, l’Etat islamique a bien marqué sa volonté génocidaire.
En revanche, il ne faudrait pas parler de génocide uniquement pour les chrétiens  : les autres ’minorités’ ethniques ou religieuses de cette région sont visées, et notamment les yézidis, les chiites etc.
- Sa réticence ne s’explique-t-elle pas aussi par son refus de généraliser la situation de tous les chrétiens au Moyen-Orient ?
- Mgr Pascal Gollnisch  : Bien entendu. Tous les actes de violence commis en Syrie dans le cadre de la guerre civile ne relèvent pas du génocide  : les meurtres de civils causés par des obus aveugles à Damas sont davantage des crimes de guerre.
L’action de Daech est bien de type génocidaire, mais en Égypte, par exemple, ce serait un non-sens que d’utiliser ce terme.
Sans doute le pape est-il aussi conscient de l’instrumentalisation politique qui peut être faite de ce terme  : certains risquent d’en conclure qu’il faut armer des milices chrétiennes, ce qui n’est pas souhaitable en réalité. Il faut que la Cour pénale internationale fasse son travail d’enquête, sans que l’on passe pour autant du juridique à la stratégie politique.
Comment comprendre son insistance sur l’expérience de foi de ces chrétiens  ?
- Mgr Pascal Gollnisch  : Pas une seconde, le pape ne se résout à ce que des chrétiens se fassent tuer à cause de leur foi. Mais comment se comporter face à ce drame  ? Pour les chrétiens, là-bas, la question est de se battre contre la désespérance  : en ce sens, ils sont confrontés aux exigences de leur foi. Ce drame est aussi une provocation spirituelle.
Quant à nous, il ne souhaite pas que nous en fassions une querelle socio-politique. Comment situer le combat à son juste niveau de notre côté aussi  ? Comme recevons-nous ce témoignage des chrétiens d’Orient ? Ce ne sont pas des milices qui vont aider les chrétiens au Kurdistan mais une véritable espérance.
Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner


Le pape met en garde contre l’instrumentalisation du mot de génocide

Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner, La Corix le 20/06/2016
Visitant le collège universitaire Villa Nazareth à Rome, samedi 18 juin 2016 en fin d’après-midi, le pape François a évoqué le martyre chrétien, confiant qu’il n’aimait pas qu’on parle de ‘génocide’des chrétiens au Moyen-Orient.
Pour le directeur de l’Œuvre d’Orient, Mgr Pascal Gollnisch, le pape veut surtout situer la question « à son juste niveau », qui est aussi spirituelle.
- Répondant aux questions d’étudiants romains samedi 18 juin, le pape a confié qu’il n’aimait pas que l’on parle de « génocide » pour les chrétiens au Moyen-Orient. : « En vérité, il s’agit d’une persécution qui conduit les chrétiens à la fidélité, à la cohérence de leur propre foi. Ne faisons pas de réductionnisme sociologique du mystère de la foi, du martyre », a-t-il dit.  Comment comprenez-vous cette phrase  ?
- Mgr Pascal Gollnisch  : Il s’agit d’abord d’une conversation avec des jeunes et non pas d’une déclaration  ! Je pense surtout que le pape François a voulu souligner que l’utilisation du mot ’génocide’ peut être maladroite. Certains peuvent être tentés de le brandir comme un étendard, en faisant comme si les chrétiens étaient seuls visés.
Si l’on regarde la situation en Irak et en Syrie, il y a bien un génocide de la part de Daech au sens de la convention de 1948  : c’est-à-dire un acte « commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Et ces actes peuvent être des meurtres, une « atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe », ou une « soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle »...
C’est la volonté de détruire et non pas le nombre de morts qui fait le génocide  ! En obligeant les chrétiens de la plaine de Ninive à se convertir ou à partir, l’Etat islamique a bien marqué sa volonté génocidaire.
En revanche, il ne faudrait pas parler de génocide uniquement pour les chrétiens  : les autres ’minorités’ ethniques ou religieuses de cette région sont visées, et notamment les yézidis, les chiites etc.
- Sa réticence ne s’explique-t-elle pas aussi par son refus de généraliser la situation de tous les chrétiens au Moyen-Orient ?
- Mgr Pascal Gollnisch  : Bien entendu. Tous les actes de violence commis en Syrie dans le cadre de la guerre civile ne relèvent pas du génocide  : les meurtres de civils causés par des obus aveugles à Damas sont davantage des crimes de guerre.
L’action de Daech est bien de type génocidaire, mais en Égypte, par exemple, ce serait un non-sens que d’utiliser ce terme.
Sans doute le pape est-il aussi conscient de l’instrumentalisation politique qui peut être faite de ce terme  : certains risquent d’en conclure qu’il faut armer des milices chrétiennes, ce qui n’est pas souhaitable en réalité. Il faut que la Cour pénale internationale fasse son travail d’enquête, sans que l’on passe pour autant du juridique à la stratégie politique.
Comment comprendre son insistance sur l’expérience de foi de ces chrétiens  ?
- Mgr Pascal Gollnisch  : Pas une seconde, le pape ne se résout à ce que des chrétiens se fassent tuer à cause de leur foi. Mais comment se comporter face à ce drame  ? Pour les chrétiens, là-bas, la question est de se battre contre la désespérance  : en ce sens, ils sont confrontés aux exigences de leur foi. Ce drame est aussi une provocation spirituelle.
Quant à nous, il ne souhaite pas que nous en fassions une querelle socio-politique. Comment situer le combat à son juste niveau de notre côté aussi  ? Comme recevons-nous ce témoignage des chrétiens d’Orient ? Ce ne sont pas des milices qui vont aider les chrétiens au Kurdistan mais une véritable espérance.
Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner


jeudi 16 juin 2016


Liberté religieuse, le rapport du Département d’État américain

l'Index Mondial de Persécution des Chrétiens, cette année encore, les chiffres montrent une progression constante des répressions.

L'ONG « Portes Ouvertes » publie l'Index Mondial de Persécution des Chrétiens, cette année encore, les chiffres montrent une progression constante des répressions.
« Portes Ouvertes » s'engage pour les chrétiens persécutés et met en place des actions, même dans les régions les plus inaccessibles. Active dans 60 pays, l'association d'origine protestante a été fondée en 1955 par Frère André, un jeune Néerlandais, après un voyage en Europe de l'Est. Il découvre alors la persécution subie par les chrétiens dans les pays communistes. L'association travaille depuis à fortifier ces communautés fragilisées. Michel Varton, directeur de « Portes Ouvertes » France, définit la persécution comme « toutes formes d'hostilité du monde en raison de l'identification à Jésus-Christ ». Cette année, le constat est significatif, il devient de plus en plus difficile dans un nombre de pays de vivre sa foi chrétienne. La violence meurtrière et exterminatrice a augmenté, avec l'enregistrement de 7100 cas de chrétiens tués en 2015 contre 4344 l'année précédente. Le Nigeria compte à lui seul 4028 morts. Un nombre, presque multiplié par deux par rapport à 2014.
Sur le plan des persécutions, la Corée du Nord arrive en tête de l'Index pour la 14e année consécutive. « Portes Ouvertes » estime qu'au moins 50 000 chrétiens souffrent dans des camps de travaux forcés. En Afrique, la situation est tout autant critique. Seize pays sur les 50 que compte l’index sont situés sur le continent africain. L'Erythrée se range parmi les pires pays en matière de liberté de religion et de liberté de la presse.D'après Michel Varton, 5000 personnes fuient l'Erythrée chaque mois pour éviter le régime totalitaire du président Afeworki. Les chrétiens qui osent protester « sont arrêtés et enfermés dans des conteneurs maritimes en guise de prison. » L'ONG recense trois foyers de persécution dans le monde. Le Moyen-Orient arrive en tête, suivi de l'Afrique et de l'Inde.
La progression de Daech, ou l’extrémisme islamique en général constitue le principal mécanisme de persécution dans 35 des 50 pays de l’index. En Irak, les chrétiens présents depuis 2000 ans, sont aujourd’hui en voie d’extinction. Dans le village de Karamlis, situé au sud-est de Mossoul, une chrétienne assyrienne de 80 ans a été brûlée vive par des extrémistes de l’Etat Islamique. Son tort ? Ne pas s’être conformée à la charia.

Zéro chrétiens en Inde en 2020?

John Dayal, secrétaire général du Conseil des Chrétiens en Inde, s'inquiète de la situation de sa communauté religieuse. Pour la première fois, l'Inde fait partie des 20 premiers pays de l'Index. Depuis l'arrivée de Narendra Modi au pouvoir en mai 2014, les auteurs d'exactions contre les chrétiens bénéficient d'une impunité presque totale. La traque antichrétienne est lancée. Mallick Purna, converti depuis 5 ans, a été accusé à tort de deux décès dans son village, situé dans l’Etat d’Odisha. Il sera tué par la foule en juillet 2015. Ses 5 enfants ont quant à eux été baignés dans de la bouse de vache comme rituel de retour à l'hindouisme. Depuis sa conversion au christianisme, la famille Purna était régulièrement menacee

http://www.parismatch.com/Actu/International/La-situation-se-degrade-pour-les-Chretiens-dans-le-monde-896109
[NUIT AUX INVALIDES] Jean d’Ormesson parraine la Nuit des Invalides pour les chrétiens d’Orient !
« On peut dire que les communautés chrétiennes du Proche-Orient sont génocidées. 
Il y a une volonté de détruire le christianisme dans cette région du monde. 
Nous avons un devoir de solidarité avec ces malheureux chrétiens d'Orient qui doivent avoir le sentiment d'être abandonnés. 
S’il est une cause qui mérite d'être défendue, il me semble que c'est celle-là. »

http://www.soschretiensdorient.fr/?gclid=CIjZpbqyrM0CFUWNGwodnQMHsg

Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2016

Aujourd'hui dans le monde, des millions de chrétiens
sont persécutés dans un déni de leurs
droits les plus fondamentaux. Au travers de l’Index 
Mondial de Persécution des Chrétiens, 
Portes Ouvertes veut être une voix pour ces 
sans-voix.

https://www.portesouvertes.fr/persecution-des-chretiens/

mercredi 15 juin 2016

Fwd: عامان على اقتلاع شعبنا من الموصل وسهل نينوى وجرح التهجير القسري ينزف...



Début du message transféré :

Expéditeur: "ZENIT" <info@zenit.org>
Date: 13 juin 2016 20:08:11 UTC+3
Destinataire: "uciplb@yahoo.fr" <uciplb@yahoo.fr>
Objet: عامان على اقتلاع شعبنا من الموصل وسهل نينوى وجرح التهجير القسري ينزف...
Répondre à: info@zenit.org

لقد مرّ عامان على اقتلاع أبناء شعبنا السرياني من أرض الآباء والأجداد في الموصل وسهل نينوى، بعمل إجرامي شنيع يبلغ درجة الإبادة العرقية والدينية، ارتكبته داعش ومثيلاتها من المنظمات الإرهابية التي تكفّر الإنسان الذي لا يدين بما تدين ولا يسلّم بما تسلّم به.
إنّه العاشر من حزيران عام 2014، يوم تشتُّت أبنائنا هائمين على وجوههم، تاركين الموصل الحدباء، ثمّ تبعه ليل 6-7 آب من العام عينه حيث استمرّت عملية الاقتلاع لأبنائنا في قرى وبلدات سهل نينوى، في قره قوش وبرطلة وبحزاني وبعشيقة وتللسقف والقوش وكرمليس وسواها، متخبّطين خبط عشواء في الليلة الظلماء. فغدوا نازحين مشرّدين في كردستان العراق وفي البلدان المجاورة في لبنان والأردن وتركيا.
أمّا اليوم، وبعد سنتين من هذه النكبة التي حلّت بأبناء شعبنا، فإنّنا نلمس تقاعس الدول صاحبة القرار وخنوع المجتمع الدولي الذي يبقى صامتاً أمام هذا مشهد إبادة شعب عريق وأصيل لا بل مؤسّس لحضارة بلاده المشرقية.
إنّنا أبناء الشهداء الذين دافعوا عن إيمانهم وأرضهم وعرضهم، وذادوا عن حياض أوطانهم، شاهدين لإيمانهم ومبادئهم حتى بذل الدم. فيما نرحّب بتوصيف بعض الدول ما تقوم به المنظّمات الإرهابية على أنّه إبادة للمسيحيين والأقليات العرقية والدينية الأخرى، نستنكر أشدّ الاستنكار عدم قيام أي تحرّك جدّي من المجتمع الدولي ومن الحكومة العراقية في سبيل تسريع الخطى لتحرير الموصل وقرى سهل نينوى من هذه الجماعات الإرهابية التي عاثت وتعيث فيها فساداً. فقد هدمت كنائسنا وأديرتنا، وبالأخصّ دير مار بهنام وأخته سارة حيث تمّ تفجير ضريح القديس، وسلبت أملاك أبناء شعبنا ومقتنياتهم، ناشرة ظلامة الموت والدمار والانحطاط الخلقي.
لقد انفطر قلبانا الأبويّان مراراً حين قمنا بزيارات عديدة معاً وكذلك كلّاً منّا بمفرده، فتفقّدنا أبناءنا النازحين إلى مدن وبلدات كردستان العراق، وتلمّسنا معاناتهم المريرة وافتقادهم لأبسط مقوّمات العيش البشري اللائق من مسكن يأويهم وعمل كريم يعتاشون منه، فضلاً عن الطبابة والتعليم لأولادهم. وهنا، لا بدّ لنا أن نشكر حكومة إقليم كردستان لكلّ الجهود المضنية التي تبذلها في سبيل تقديم ما يمكن من خدمات أساسية لتوفير المعيشة اللائقة لهم في ظلّ هذه الظروف العصيبة. لكنّنا نؤكّد على مطالبتنا الملحّة للإسراع في التحرير وعودة أبنائنا وبناتنا إلى أرضهم وبيوتهم، على أن يحظوا بعيش آمن مستقرّ وبظروف حياتية لائقة تحفظ كرامتهم وتُعيد إليهم ثقتهم بوطنهم وأملهم بمستقبل يرجونه زاهراً فيه.
ومن هنا، نقول لأبنائنا وبناتنا المقتلَعين من بيوتهم ومجتمعاتهم:
إنّنا معكم في كلّ لحظة، نشدّ على أياديكم ونحثّكم على أن تُبقوا جذوة الرجاء متّقدةً بأنّه لا بدّ لليل المحنة أن ينجلي، ليبزغ فجر العودة عمّا قريب. فنحن نثق ملء الثقة بوعد الربّ بأن يبقى في وسط كنيسته فلا تتزعزع أبداً.
لا تفقدوا إيمانكم، بل تشجّعوا وتشدّدوا ثابتين في الربّ يسوع القائل: لا تخافوا… "ثقوا إنّي غلبت العالم" (يو 16: 33).
10 حزيران

mardi 14 juin 2016

Pakistan : une loi qui légalise la persécution des chrétiens

Pakistan : une loi qui légalise la persécution des chrétiens

Pakistan : une loi qui légalise la persécution des chrétiens

La loi du Pakistan sur le blasphème permet à « la persécution contre les chrétiens et les autres minorités d'être indiscriminée », dit à Oasis Juan Carlos Pallardel, jésuite péruvien responsable depuis de longues années du dialogue avec l'Islam et les autres religions à Lahore, au Pendjab où vivent plus de 90 % de chrétiens du pays. « Ceci influence notre vie quotidienne, nous devons bien penser à ce que nous faisons et à ce que nous disons sachant parfaitement que nous sommes à tout moment susceptibles d'être accusées », poursuit-il.

Au Pakistan, la loi sur le blasphème fournit la justification juridique dans le cadre de laquelle est exprimé « un problème plus vaste, essentiellement social ». Il est très fréquent de voir effectivement utiliser les accusations et s'en servir pour résoudre des disputes personnelles ou pour s'accaparer de terrains, précise le jésuite. Et d'ajouter : c'est un problème social d'autant plus que dans la plupart des cas, « les victimes appartiennent aux couches les plus pauvres de la population, contraintes à subir les abus des plus riches. Au Pakistan, les catholiques étant par exemple parmi les plus pauvres sont par la même occasion parmi les plus vulnérables ».

L'augmentation des cas de blasphème
En 1987, alors que le général Zia ul-Haq faisait de l'islamisation du Pakistan une condition incontournable de sa présidence, la loi sur le blasphème, introduite dans le sous-continent indien à l'époque de la domination britannique se durcit pour en arriver à sa forme actuelle qui prévoit la peine capitale pour quiconque aurait offensé le prophète Mahomet, sans possibilité de pardon ou de renonciation à l'action pénale. Les données recueillies par l'Ong Engage Pakistan montrent bien à quel point l'année 1987 a représenté un tournant. À partir de cette année, les cas de blasphème ont augmenté de 17 500 %, passant de sept dans la période 1947-1987 à 1 335 dans la période 1988-2014. Selon l'Ong - qui confirme les propos de Pallardel - les pakistanais ne sont pas devenus blasphèmes du jour au lendemain. Tout simplement, « la loi est mise au service de la persécution et de l'oppression ». Engage Pakistan montre par ailleurs la dimension sectaire des accusations de blasphème : sur un total de 1 335 cas, 633 accusations ont impliqué des musulmans, 494 des ahmadis, 187 des chrétiens et 21 des hindous. Ce qui signifie que les minorités - qui, globalement, ne constituent que 4 % de la population pakistanaise - seraient responsables de plus de 50% des infractions.

La situation se complique si nous tenons compte du fait que « bon nombre des accusations n'arrivent même pas devant un tribunal, les présumés coupables ayant déjà été exécutés sans aucune forme de procès », conclut Pallardel. C'est le cas de Salman Taseer, ancien gouverneur du Pendjab abattu par son garde du corps pour avoir critiqué la loi sur le blasphème ou le cas plus récent de l'activiste Khurram Zaki, assassiné à Karachi. Selon Engage Pakistan dans ce cas comme dans d'autres, 1987 est une année charnière : +2 750 % d'exécutions sommaires depuis la modification de la loi.

La décision de la Cour Suprême
Le gouvernement de Nawaz Sharif, premier ministre depuis le mois de juin 2013, semble être conscient de l'envergure du problème et serait, en train - selon Pallardel - d'entreprendre des actions, même militaires pour lutter contre le fondamentalisme religieux qui exacerbe la religiosité et fomente la rage des masses contre ceux qui sont retenus coupables de blasphème. Un signal important nous est parvenu de la Cour Suprême pakistanaise à l'occasion de la condamnation de Mumtaz Qadri, l'assassin de Salman Taseer, pendu fin février. Commentant le cas, la Cour a établi que mettre en discussion la loi sur le blasphème n'est pas en soi une insulte à l'Islam et donc un acte blasphème punissable de la peine de mort. Une conclusion tout autre que banale, souligne Pallardel, vu que la plupart des barelvis - une des organisations sunnites les plus importantes du pays - soutiennent fermement la loi interdisant le blasphème. Il s'agit, dit le jésuite, d'une conclusion importante car « aujourd'hui, le seul fait de pouvoir en discuter laisse espérer qu'un changement est possible ».

Quel changement
Si, dans la situation politico-sociale actuelle, l'abolition de la loi reste un scénario absolument improbable, il ne manque pas de gens qui s'emploient de leur mieux pour introduire des modifications limitant ses abus, ce qu'avait déjà tenté de faire l'ancien ministre Shahbaz Bhatti qui allait le payer de sa vie. Engage Pakistan est un autre exemple de tentative qui s'efforce de démontrer - partant des sources islamiques - que la loi sur le blasphème n'est pas une loi divine (et peut donc, en tant que telle, être modifiée), qu'elle ne devrait pas prévoir la peine de mort et qu'il devrait être possible de pardonner le crime une fois sûrs du repentir de l'accusé. Une réforme dans cette direction pourrait améliorer la situation des minorités pakistanaises, mais elle serait difficilement capable, à elle seule, de changer le climat qui règne dans le pays, climat qui aboutit aux exécutions sommaires, aux manifestations de soutien de personnes telles que Mumtaz Qadri ou à des attentats suicides comme celui de Lahore, le jour de Pâques, où plus de 70 personnes trouvèrent la mort (pour la plupart des musulmans même si l'objectif déclaré était la communauté chrétienne). C'est pourquoi, insiste Pallardel, il faudrait une réforme du système d'instruction du Pakistan. Il est fréquent que l'État ne réussisse pas à fournir les services minimum indispensables à permettre aux citoyens l'accès à l'école publique ce qui, uni à une situation économique difficile, pousse les parents à envoyer leurs enfants là où l'instruction est gratuite, autrement dit dans les établissements religieux islamiques souvent accusés d'être de véritables incubateurs d'une vision violente et intolérante de l'Islam. Pallardel est confiant. Envers et contre tout. Le gouvernement de Nawaz Sharif essaie d'avancer dans cette direction et propose, entre autres choses, le contrôle des méthodes d'éducation, des systèmes d'évaluation et des affiliations de madrasas. La route vers une réforme dont il est question depuis des décennies se présente toutefois encore très longue.

[@fontana_claudio]


Traduction de l'original italien


JTK

mardi 3 mai 2016

Rapport sur la liberté religieuse internationale (USCIRF)



La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) au sein du Département d’État américain, a publié son rapport annuel 2016. La Birmanie, la Chine, l’Érythrée, l’Iran, la Corée du Nord, l’Arabie saoudite, le Soudan, mais aussi le Turkménistan et l’Ouzbékistan font partie des pays qui répriment le plus les croyants.
« De diverses manières, la liberté religieuse à l’étranger a subi des assauts sérieux et soutenus depuis la publication du dernier rapport annuel de notre commission en 2015. De la situation des prisonniers d’opinion, à l’augmentation spectaculaire du nombre de réfugiés et de personnes déplacées, en passant par la poursuite des actes de fanatisme contre les juifs et les musulmans en Europe ou d’autres violations, les victimes ne manquent pas. »
La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) a publié lundi 2 mai son rapport annuel 2016. Cette 17e édition – depuis la création de la Commission en 1998 – documente les violations de la liberté religieuse dans plus de 30 pays, fait des recommandations spécifiques à chacun, et évalue la mise en œuvre par le gouvernement américain de la loi de 1998 sur la liberté religieuse dans le monde.

Pays particulièrement préoccupants

Cette année, l’USCIRF propose au Département d’État américain de maintenir neuf pays dans la liste noire des pays « particulièrement préoccupants » où la répression est la plus forte : Birmanie, Chine, Érythrée, Iran, Corée du Nord, Arabie saoudite, Soudan, Turkménistan et Ouzbékistan.
Mais cet organe consultatif du gouvernement fédéral américain suggère d’y ajouter huit autres pays : la République centrafricaine, l’Égypte, l’Irak, le Nigeria, le Pakistan, la Syrie, le Tadjikistan et le Vietnam.
Une autre liste de dix pays pratiquant ou tolérant des violations d’un niveau moindre est également proposée, parmi lesquels l’Afghanistan, Cuba, l’Inde, l’Indonésie, la Russie ou la Turquie.
Enfin, le rapport note des violations de la liberté religieuse dans d’autres pays ou grandes régions, dont « la Corne de l’Afrique » et l’« Europe de l’Ouest ». Grâce aux progrès accomplis, Chypre et le Sri Lanka quittent en revanche cette catégorie cette année.

Personnes emprisonnées

Dès l’introduction, le rapport relate une longue liste d’atteintes à la liberté religieuse en Chine (arrestation de pasteurs, campagne de destruction de croix…), en Érythrée « où 1 200 à 3 000 personnes sont emprisonnées pour des motifs religieux », en Corée du Nord « où la liberté religieuse est inexistante », mais aussi en Arabie saoudite qui « interdit tout culte public non-musulman et continue de poursuivre et d’emprisonner des individus pour la dissidence, l’apostasie, le blasphème ou la sorcellerie ».
Outre le « nombre important de personnes emprisonnées sur la base de la religion », l’USCIRF s’alarme aussi de « la crise des réfugiés » et voit la religion comme « un facteur dans les crises humanitaires mondiales ».
Le rapport cite notamment les Rohingyas musulmans « contraints de fuir leurs foyers en Birmanie » mais aussi les Yézidis, chrétiens, musulmans chiites et sunnites musulmans « qui ne souscrivent pas à l’interprétation barbare de l’islam du groupe terroriste Daech » en Irak ou en Syrie.

Haine et violence contre les musulmans et les juifs en Europe

Cet afflux massif de migrants « a alimenté une marée déjà haute de haine et de violence ciblant les musulmans et les juifs, en particulier en Europe occidentale », indique le rapport au terme de cette introduction. Les actes « anti-musulmans » – allant du « harcèlement verbal au vandalisme ou à des agressions violentes » – ont augmenté dans plusieurs pays d’Europe occidentale, s’inquiète l’USCIRF, pointant la responsabilité des « partis xénophobes nationalistes » et les groupes « notamment néonazis ».
Les juifs ont été de plus en plus ciblés eux aussi, par ces groupes « ainsi que par des extrémistes islamistes qui cherchent leurs recrues parmi les membres mécontents des communautés musulmanes » : attentats de Paris de janvier 2015, attaque contre le musée juif à Bruxelles en 2014, contre une synagogue à Copenhague… Des attaques terroristes qui produisent à leur tour « des contrecoups contre les musulmans » eux-mêmes, « accusés collectivement » de cette violence.

Une action continue et efficace

Pour l’USCIRF, toutes ces violations « appellent une action continue de la part de la communauté internationale, y compris des États-Unis ».
« Pour être efficace, une telle action doit reconnaître le fait indéniable que la liberté religieuse est un point commun à chacun de ces défis, et mérite d’être traitée lorsque les nations discutent d’humanitaire, de sécurité ou d’autres questions urgentes », conclut le rapport, qui invite les États-Unis et les autres pays à accorder à ce droit « le respect qu’il mérite ».
Anne-Bénédicte Hoffner

jeudi 28 avril 2016

le pape francois -Les deux sortes de persecutions

Les deux  sortes de persecutions : la persécution sanglante et une grande apostasie, la persécution « idéologique ».
Anita Bourdin  |  12/04/16 Zenit
La persécution, c’est « le pain quotidien de l’Église», sous deux formes, indique le pape François : la persécution sanglante et une grande apostasie, une persécution « idéologique ».
Le pape a commenté la lecture des Actes des apôtres lors de la messe quotidienne célébrée ce mardi 12 avril, en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe du Vatican, rapporte Radio Vatican.
Il existe des persécutions sanglantes – être jeté aux fauves, ou être victime d’une bombe à la sortie de la messe – et des « persécutions en gants blancs, des persécutions culturelles, celles qui te confinent dans un recoin de la société, qui en viennent à te faire perdre ton travail si tu n’adhères pas aux lois qui vont contre Dieu Créateur», a expliqué le pape.
«La persécution, je dirais, c’est le pain quotidien de l’Église. Jésus l’a dit. Nous, quand nous faisons un peu de tourisme à Rome et allons au Colisée, nous pensons que les martyrs étaient ceux qui étaient tués avec les lions. Mais les martyrs n’ont pas été seulement ceux-là. Ce sont des hommes et femmes de tous les jours : aujourd’hui, le jour de Pâques, il y a à peine trois semaines… Ces chrétiens qui fêtaient Pâques au Pakistan ont été martyrisés justement parce qu’ils fêtaient le Christ Ressuscité. Et ainsi l’histoire de l’Église avance avec ses martyrs», a encore expliqué le pape François.
Puis il a ajouté : «Mais, il y a une autre persécution dont on ne parle pas tellement», une persécution «travestie de culture, travestie de modernité, travestie de progrès».
«C’est une persécution, je dirais un peu ironiquement, « éduquée ». C’est quand l’homme est persécuté non pas pour avoir confessé le nom du Christ, mais pour avoir voulu manifesté les valeurs du Fils de Dieu. C’est une persécution contre Dieu le Créateur, dans la personne de ses enfants ! Et ainsi nous voyons tous les jours que les puissances font des lois qui obligent à aller sur cette voie, et une nation qui ne suit pas ces lois modernes, ou au moins qui ne veut pas les avoir dans sa législation, en vient à être accusée, à être persécutée « poliment ». C’est la persécution qui coupe à l’homme la liberté de l’objection de conscience», a fait observer le pape.«Cela, c’est la persécution du monde» qui «coupe la liberté», alors que «Dieu nous fait libres» de donner le témoignage «du Père qui nous a créés, et du Christ qui nous a sauvés». Et cette persécution, a-t-il souligné, «a aussi un chef» : «Le chef de la persécution polie, éduquée, Jésus l’a nommé : « le prince de ce monde ». Et quand les puissances veulent imposer des attitudes, des lois contre la dignité des enfants de Dieu, ils persécutent ceux-ci et vont contre le Dieu Créateur, a répété le Souverain pontife. C’est la grande apostasie. »
« Ainsi la vie des chrétiens avance avec ces deux persécutions, a conclu le pape François. Mais le Seigneur nous a promis de ne pas s’éloigner de nous : « Soyez attentifs, soyez attentifs ! Ne tombez pas dans l’esprit du monde. Soyez attentifs ! Mais allez de l’avant ! Moi, Je serai avec vous”».